Alain Renaut et Sylvie Mesure, Alter ego. Les paradoxes de l’identité démocratique – 2/2

Ce texte est la suite de ma fiche de lecture dont j’ai résumé l’ouvrage dans mon précédent article.

III – Réflexions personnelles à partir de l’ouvrage :

En gardant en tête que nous avons choisi de travailler sur la lecture de cet ouvrage dans un cours d’histoire des idées politiques ayant pour objet «droite et gauche, une distinction fondatrice ?», nous pourrions interpréter l’importance en philosophie politique et même en politique de la thématique de la place des identités culturelles ainsi que les débats qu’elles suscitent comme une illustration de la perte de pertinence des catégories «droite» et «gauche» pour qualifier les positions des uns et des autres sur l’échiquier politique. Mais il nous semble plus judicieux de devoir s’interroger sur la signification politique de la prépondérance de cette thématique dans les débats actuels sur la justice sociale : peut-on qualifier de droite ou de gauche le simple fait de s’attarder sur cette thématique ou est-ce les réponses qui y sont apportées qui sont de droite ou de gauche ?

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Platon, Timée (28a-30c)

  • Nature du devoir : explication de texte
  • Cours : L2, Philosophie générale – anthropologie philosophique
  • Note : 14/20

le texte étudié est celui traduit par Albert Rivaud aux éditions des Belles Lettres

Le présent texte que nous nous tacherons d’expliquer est extrait du Timée (28a-30c) de Platon. L’écriture de l’ouvrage du Timée se situe temporellement à la fin de l’œuvre de Platon, c’est-à-dire durant la période dite «de vieillesse». Le Timée est composé de deux protagonistes : Critias et Timée. L’ouvrage s’ordonne en trois parties : tout d’abord, l’introduction entre Socrate et Timée qui comprend notamment le prologue et un résumé de la discussion de la veille (17a-20c), puis le récit de Critias qui rapporte le discours entendu par Solon, aux environs de 600 avant Jésus-Christ, de la bouche de prêtres de Saïs racontant des événements antérieurs de 9000 ans (20c-27b), et enfin l’exposé de Timée qui s’interroge sur les origines de la constitution du monde et de l’homme, c’est-à-dire du macrocosme et du microcosme (27c-92c). L’extrait que nous étudions se trouve au début de cette dernière partie.

Le question que pose ce texte est la suivante : le monde a-t-il toujours existé ou a-t-il été créé ? La thèse défendue par Platon est que le monde résulte d’une création. L’enjeu de ce texte est de dégager les fondements ontologiques qui permettent de défendre cette thèse. Le problème sera de comprendre le rapport qu’entretiennent les Formes intelligibles au monde sensible en vue d’expliquer le mécanisme de la naissance du monde.

Le texte se déploie en quatre moments. Tout d’abord, nous avons une présentation de principes pour s’interroger sur comment le monde est né (28a-b). Ensuite, nous avons une application de ces principes au monde (28b-29b). Puis, nous avons une définition des types de discours liés aux Formes intelligibles et aux choses sensibles (29b-d). Enfin, nous avons une description de l’action divine dans sa composition du monde (29e-30c).

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John Locke, Lettre sur la tolérance

  • Nature du devoir : explication de texte de partiel en 4h
  • Cours : L1, Philosophie morale et politique
  • Note : 15/20

voir l’extrait de texte étudié

La confrontation face à l’altérité, c’est-à-dire face à celui qui est différent de nous nous place naturellement (au sens d’instinctivement) dans une situation d’intolérance car reconnaître qu’autrui a raison serait vécu comme une sorte d’humiliation puisque cela signifierait que j’ai tort. Pourtant, il nous apparaît par ailleurs «naturel» (au sens d’évident) de défendre la tolérance en raison des erreurs produites par les guerres de religion.

C’est dans cette dernière perspective que John Locke rédige sa Lettre sur la tolérance, dont est extrait le texte que nous allons étudier. Ce texte s’inscrit dans le domaine de la philosophie morale et politique et a pour objet particulier la tolérance religieuse. L’interrogation posée par ce texte, en vue de répondre au problème exposé ci-dessus de la notion de tolérance, porte sur les raisons et les conditions de mise en œuvre de la tolérance religieuse. La thèse de ce texte est de soutenir un État tolérant car la religion n’est pas du ressort de son intervention. C’est un texte de nature argumentative qui a pour enjeu la distinction de l’État et de la religion, ce qu’on appelle la sécularisation.

L’argumentation du texte se déploie en quatre moments. Tout d’abord de la ligne 1 à la ligne 4, Locke expose que la tolérance apparaît comme nécessaire. Ensuite de la ligne 4 à la ligne 9, il critique ceux qui n’admettent pas cela. Puis, il donne des raisons de défendre la tolérance de la ligne 9 à la ligne 15. Enfin de la ligne 15 à la ligne 23, il s’interroge sur les conditions de mise en place de la tolérance.

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La croyance est-elle soumission ?

  • Nature du devoir : dissertation de partiel en 4h
  • Cours : L1, Méthodologie
  • Note : 14/20

La croyance est un acte qui consiste à tenir pour vrai quelque chose sans savoir si ce quelque chose est véritablement vrai. Par cette première définition, nous pouvons comprendre le phénomène de la croyance comme relevant d’un mécanisme d’adhésion. En effet, lorsque je crois quelqu’un, j’adhère à ce qu’il dit. Nous voyons alors se profiler une relation entre celui qui croit et ce qu’il croit.

L’énoncé du sujet «La croyance est-elle soumission ?» nous demande d’ailleurs de nous interroger sur la nature de cette relation. Nous devrons faire attention à essayer de saisir un concept général de «la» croyance et non de décrire les particularités «des» croyances. Nous chercherons en quoi réside l’essence de la croyance («est-elle»). Y a-t-il identité entre la croyance et la soumission ? La soumission se définit comme un rapport inégal entre deux termes, c’est une relation de domination. Aux premiers abords, nous comprenons la croyance comme une distanciation du réel, elle est ainsi définie comme l’absence de soumission au réel. Mais ce n’est pas pour autant que la croyance soit absence de soumission tout court. Nous verrons alors dans un deuxième temps que parce que la croyance est une adhésion, elle est par définition soumission. Enfin, si nous affirmons que la croyance est soumission, il faudra nous interroger sur les moyens possibles d’une libération et nous verrons que la connaissance, qui se distingue de la croyance par l’assurance de sa vérité ainsi que l’accompagnement d’un raisonnement pour y accéder.

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L’évidence est-elle une connaissance immédiate ?

  • Nature du devoir : dissertation
  • Cours : L1, Histoire de la philosophie sur Descartes
  • Note : 10/20

L’expression du langage courant “ça crève les yeux !” confère à l’évidence la définition de quelque chose qui se voit immédiatement, c’est-à-dire une réalité s’imposant à notre conscience comme vraie, sans quelconque besoin de travail de réflexion. Cependant, l’évidence ne suppose-t-elle pas une certaine clarté ? Or pour qu’un contenu soit clair, ne requerrons-nous pas une médiation par un travail critique de sorte que notre évidence s’élève à une connaissance ferme et solide, que nous pourrions nommer certitude, n’en restant ainsi pas à une “évidence apparente” qui ne serait que perception trompeuse ?

C’est en passant par ces problèmes que nous tenterons d’apporter une réponse à la question : l’évidence est-elle toujours une connaissance immédiate ? Il nous faudra en effet discerner la nature des différents types d’évidence et interroger leur rapport à la connaissance.

Nous verrons tout d’abord que ce que l’on juge comme évident se présente en premier lieu comme une connaissance immédiate. Mais par suite, on se rendra compte que ces évidences ne sont pas aussi évidentes que l’on aurait cru et relèvent seulement du statut de la croyance, non de la connaissance. C’est pourquoi, nous terminerons notre réflexion en déterminant les conditions pour que l’évidence puisse être fondatrice et même sowit connaissance.

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