Pour le printemps.

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C’est le printemps, ou l’émerveillement naissant.

Je me pose à la fenêtre de mon être.

Et j’entends le chant d’un nouvel élan.

En portant attention à ma respiration, apparaissent des bourgeons.

Et en fleur, se transforme mon cœur.

En accueillant ma fragilité, se révèle ma beauté.

Et ouvert, devient l’univers.

Tout en gaieté, se découvrent de belles possibilités.

Se déploie, le monde en émoi.

Rayonnant, est l’océan du vivant.

Flamboie, la voie de la joie.

Ici et maintenant, tout est là.

 

 

 

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À cœur ouvert. Merci 2017, bonjour 2018.

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Me voilà ressourcée après ces 5 jours de stage de méditation et clown. Ressourcée car ces deux pratiques me permettent de toucher la source de la vie. La vie, c’est l’amour. L’amour, c’est le mouvement de l’ouverture. En méditant, je m’ouvre à mon cœur. En clownant, j’expose ce cœur ouvert au monde.
Il y a un an, le 1er janvier 2017, je formulais le souhait d’explorer les ponts possibles entre ces trois pratiques que sont la philosophie, la méditation et le clown. 2017 m’a offert de nombreuses belles occasions pour ce faire, j’ai été plus que servie. Et la dernière demie-heure de 2017 a été la cerise sur le gâteau : méditer soi-même en clown et entourée d’autres clowns-méditants ! Pendant cette méditation, une immense gratitude m’a habitée. Et lorsque je suis allée me coucher après ce magnifique et atypique réveillon, des vagues de larmes de gratitude ont jailli sur le lit. J’ai revu mon année défiler et toutes les belles personnes que j’ai (re)découvertes cette année, qui s’aventurent, de près ou de loin, sur des chemins communs. J’ai envie de placer 2018 sous le signe de la gratitude et commencer cette nouvelle année en vous adressant un grand merci pour vos présences rayonnantes, qui me donnent une pleine confiance pour continuer à cheminer ensemble.
Puisse chacune, chacun s’ouvrir davantage et reconnaître la beauté des êtres qui les entourent. Reconnaissante année 2018 ! 

La méditation et le clown, deux voies pour s’ouvrir à la nudité de l’être.

Mon parcours personnel m’a amenée à m’engager parallèlement il y a près de 2 ans sur les voies de la méditation et du clown. Je dis parallèlement car je m’y suis intéressée au départ de manière indépendante. Et, de prime abord, on pourrait considérer que la méditation et le clown n’ont rien de commun et même s’orientent vers deux directions divergentes : la méditation étant plutôt associée à la paix et à la sagesse et le clown plutôt au rire voire à la folie. Mais, derrière ces idées relativement stéréotypées, ce qui m’a profondément touchée en m’immergeant dans ces deux pratiques, est qu’elles convergent vers une même aspiration : elles constituent deux voies pour s’ouvrir à la nudité de l’être.

Nous vivons dans une société où nous sommes sans cesse en train de faire des projets, où nous cherchons à accomplir des objectifs et l’accomplissement ou le non-accomplissement de ces objectifs signe notre réussite ou notre échec. Nous nous identifions au rôle social que nous jouons, nous cachons notre être derrière une fonction. La méditation et le clown ne sont pas un ensemble de techniques pour atteindre des états particuliers — que ce soit un état individuel de paix ou un état de rire du public — mais bien plutôt des manières d’être au monde qui nous invitent à entrer pleinement en rapport à notre expérience telle qu’elle est, sans chercher à la manipuler ni même la maquiller. Nous ne pouvons pas rater la pratique de la méditation ni du clown car il n’y a rien à réussir, il y a juste à être et habiter le présent, quelle que soit l’expérience que nous traversons ici et maintenant. Ce qui compte, ce n’est pas le but, c’est le chemin, ou comme le dit si justement le titre d’un ouvrage de Chögyam Trungpa « le chemin est le but ».

Lors de la pratique de la méditation comme du clown, nous développons une présence attentive et bienveillante qui cesse de tout juger par le filtre mental. Nous retrouvons notre enfant intérieur et notre regard d’étonnement face au fait d’être au monde, c’est comme si nous redécouvrions tout à neuf. Nous nous ouvrons à notre cœur à nu et nous accueillons toutes les émotions qui nous traversent.  À la différence de la vie sociale souvent tournée vers la compétition et la recherche effrénée de performance, où il nous faut toujours nous montrer fort, quand bien même ce n’est souvent qu’un masque que nous enfilons pour nous protéger, la méditation et le clown nous autorisent et même nous encouragent à donner droit à notre fragilité et au fait d’être touché. Cette part sensible de notre être n’est certes pas toujours facile ni confortable à accepter mais elle est ô combien précieuse pour vivre une vie authentiquement humaine.

Mouvements personnels et universels de la vie spirituelle.

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« Pour que l’universel se déploie dans notre vie spirituelle, il doit être uni au personnel. Nous sommes des êtres humains, et la porte humaine qui mène au sacré est constituée de notre propre corps, de notre propre cœur et de notre propre esprit, du passé dont nous provenons et des relations et situations les plus intimes de notre existence. Si la compassion, la justice et la libération ne peuvent prendre vie en nous-mêmes, où dont le pourraient-elles ?

Une spiritualité bien intégrée nous permet de comprendre que, si nous devons apporter au monde la lumière, la sagesse ou la compassion, nous devons commencer par nous-mêmes. Les vérités universelles de la vie spirituelle ne peuvent devenir vivantes que dans chaque condition particulière et individuelle. Cette approche personnelle de la pratique honore notre vie dans ce qu’elle a à la fois d’unique et de général, respectant la qualité intemporelle de la danse primordiale entre la naissance et la mort tout en honorant notre corps particulier, notre famille et notre communauté particulières, l’histoire personnelle, les joies et les peines qui sont notre lot. Ainsi, tout en étant une affaire personnelle, notre éveil affecte toutes les autres créatures de la planète. »

Jack Kornfield, Périls et promesses de la vie spirituelle, Paris, Pocket, 2016, p. 30

Fleurs de la fragilité.

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« Tous nos efforts pour cacher la fragilité de notre cœur et ne pas nous laisser bouleverser par la réalité ne font que nous enfermer dans une prison, que nous priver des sources de vie. Quelle incroyable nouvelle ! L’endroit où je suis le plus vulnérable, l’endroit de ma peur, de mon inquiétude, est le seul lieu où peuvent pousser les plus belles fleurs, où je peux advenir à ce que je suis. Si le lotus, l’une des plus belles fleurs qui poussent en Asie, naît dans la boue, il en est de même de la joie. Elle ne naît pas en étouffant notre cœur, en essayant de faire comme tout le monde, en n’osant jamais dire ce que nous ressentons — mais en reconnaissant la tristesse et la peur. Quand je vois ces gens qui veulent à tout prix être heureux, qui font tant d’efforts pour y arriver, qui suivent de nombreuses thérapies ou en dirigent, et qui tentent ainsi de juguler leurs angoisses, j’ai un pincement au cœur. Bien sûr, leurs efforts sont touchants et louables, mais ils restent basés sur la peur d’eux-mêmes — et plus ils en font, plus ils deviennent lisses comme des images de papier glacé — inauthentiques. Ces professionnels du bonheur ont fui le lieu de la vraie joie.

L’art d’être humain nous apprend à ne plus avoir peur de notre fragilité, à lui donner droit, à la laisser ouvrir notre cœur. Lorsque nous voyons un ami cher, notre petit-fils, une goutte de pluie glisser sur la fenêtre, il se pourrait que nous soyons émus. Loin d’être un problème, cette sensibilité nous permet au contraire d’établir une authentique communion avec le monde. Sans elle, il nous serait même impossible de parler à quelqu’un. Cette tendre vulnérabilité ne renvoie donc à aucune sentimentalité, mais à la disposition primordiale qui fait que nous puissions être touchés et entrer en relation avec les autres et le monde. »

Fabrice Midal, Risquer la liberté, « Deviens qui tu es », Paris, Seuil, 2009, p. 85

Emmanuel Kant, «Lettre à Maria von Herbert»

  • Nature du devoir : explication de texte de partiel en 4h
  • Cours : L2, Philosophie morale
  • Note : 16/20

voir l’extrait de texte étudié

Il arrive régulièrement dans la vie quotidienne qu’on ne veuille pas révéler toutes ses pensées personnelles à autrui. Mais pourquoi ne révélons jamais tout de nous-même ? L’opinion populaire affirme communément que quelqu’un qui ne veut pas parler cache quelque chose car il aurait forcément quelque chose à se reprocher. Cette accusation est-elle véritablement fondée ?

Dans un extrait de sa «Lettre à Maria von Herbert» (datant de 1792, publiée dans le recueil Lettres sur la morale et sur la religion), le philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804) s’attache à traiter cette question sur le plan de la philosophie morale.

La problématique sur laquelle il s’interroge est la suivante : une attitude réservée est-elle moralement condamnable ? La thèse qu’il soutient y répond négativement : la réserve ne fait pas partie des interdictions inconditionnées que la loi morale nous prescrit ; néanmoins, elle n’est pas pour autant un bien.

Kant expose son raisonnement en trois moments : tout d’abord, il présente la réserve comme une limite humaine (lignes 1 à 7) et ensuite il distingue la réserve du mensonge par l’opposition suivante : la réserve n’est pas moralement condamnable (lignes 8 à 13) alors que le mensonge est moralement condamnable (lignes 13 à 22)

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