Pour le printemps.

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C’est le printemps, ou l’émerveillement naissant.

Je me pose à la fenêtre de mon être.

Et j’entends le chant d’un nouvel élan.

En portant attention à ma respiration, apparaissent des bourgeons.

Et en fleur, se transforme mon cœur.

En accueillant ma fragilité, se révèle ma beauté.

Et ouvert, devient l’univers.

Tout en gaieté, se découvrent de belles possibilités.

Se déploie, le monde en émoi.

Rayonnant, est l’océan du vivant.

Flamboie, la voie de la joie.

Ici et maintenant, tout est là.

 

 

 

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Le clown, une pratique spirituelle de l’acceptation radicale

« Prends le temps de respirer », « Il n’y a rien à faire », « Tu n’as rien à réussir », « Écoute et laisse-toi guider par ce qui est là », voici les principales phrases qui ont donné le la des deux jours de stage que je viens de vivre. Étais-je en stage de méditation ? Sur le papier, j’étais en stage de clown et non de méditation mais au sortir de ces deux riches journées j’ai l’élan de reprendre et poursuivre la réflexion déjà engagée dans ce premier article sur « La méditation et le clown, deux voies pour s’ouvrir à la nudité de l’être » et soutenir que le clown est, pour moi, une pratique profondément spirituelle.

Le plus petit masque du monde, le nez rouge du clown, est un masque qui me démasque. Quand j’entre sur scène avec le nez rouge, je laisse mes différents masques sociaux dans les coulisses. Je n’ai plus besoin d’entrer dans la peau d’un personnage ni d’avoir un rôle pour être. Grâce au nez rouge, je me libère des étiquettes qui m’enferment et me réduisent à une fonction et je laisse mon être éclore au monde dans son ampleur et son unicité. Cette expérience fait peur car enlever mes masques sociaux c’est prendre le risque en me dénudant de perdre ce que je crois être mon identité. Qui suis-je si je ne suis pas ma fonction sociale ? Et si dans l’assise méditative je me dénude face à moi-même, dans le jeu clownesque je me dénude à la fois face à moi-même et face aux autres, face à mes possibles partenaires de jeu et surtout face au public.

Dans Pratique de la voie tibétaine, à la question « Nous faut-il un ami spirituel pour être à même de nous ouvrir, ou bien pouvons-nous simplement nous ouvrir aux situations de la vie ? », le maître de méditation Chögyam Trungpa répond « Je crois qu’il faut que quelqu’un vous voit le faire parce que alors cela vous paraîtra plus réel. Il est facile de se déshabiller lorsqu’on est seul dans une chambre, et plus difficile de le faire dans une pièce pleine de gens. » En lisant ceci, une hypothèse m’est apparue : et si le public était l’ami spirituel du clown ? Même lorsque je joue en solo, je ne suis jamais seule en clown, je suis reliée à l’espace par ma présence corporelle ainsi qu’aux autres par mon regard public. Au départ, je peux ressentir de la gêne car je n’ai pas l’habitude de dévoiler mes émotions, d’oser les laisser s’exprimer au grand jour. Quand mon clown est à la barre, j’accepte que ce n’est pas moi qui commande, je me laisse animer et surtout surprendre par la vie qui se manifeste par elle-même en moi. En ne faisant rien, autrement dit en ne cherchant rien à construire de manière volontariste, j’apprends à me mettre à l’écoute de ce qui est là dans la nudité de l’être. Même quand je ne fais rien sur le coussin comme sur scène, il se passe toujours quelque chose : pour cela, il faut que j’accepte de ralentir et d’attendre sans rien faire pour désobstruer l’entente de ce que le mouvement de ma respiration et de mon cœur disent de mon être, c’est-à-dire de ce qui est véritablement vivant en moi. Dans l’assise méditative comme dans le jeu clownesque, je dis Oui à ce qui est là au centre de mon être. Je crois que le public joue le rôle de l’ami spirituel en ce qu’il me permet d’aller plus loin dans le Oui : en lui faisant le cadeau de lui partager ma vulnérabilité le public est touché, un lien se tisse entre nous et alors je ne me sens plus seule, or c’est cette relation qui m’aide à faire l’épreuve de l’acceptation radicale de ce qui est là. Au fond, si la spiritualité c’est célébrer ce qui est là, par la pratique du clown je fais un pas de plus sur le chemin spirituel car quand j’entre au monde en clown j’accepte radicalement ce qui est là en ce sens que je ne fais pas qu’accueillir en moi-même ce qui est là comme je peux le faire seule sur mon coussin, je le célèbre en osant le montrer et l’affirmer au monde.

À cœur ouvert. Merci 2017, bonjour 2018.

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Me voilà ressourcée après ces 5 jours de stage de méditation et clown. Ressourcée car ces deux pratiques me permettent de toucher la source de la vie. La vie, c’est l’amour. L’amour, c’est le mouvement de l’ouverture. En méditant, je m’ouvre à mon cœur. En clownant, j’expose ce cœur ouvert au monde.
Il y a un an, le 1er janvier 2017, je formulais le souhait d’explorer les ponts possibles entre ces trois pratiques que sont la philosophie, la méditation et le clown. 2017 m’a offert de nombreuses belles occasions pour ce faire, j’ai été plus que servie. Et la dernière demie-heure de 2017 a été la cerise sur le gâteau : méditer soi-même en clown et entourée d’autres clowns-méditants ! Pendant cette méditation, une immense gratitude m’a habitée. Et lorsque je suis allée me coucher après ce magnifique et atypique réveillon, des vagues de larmes de gratitude ont jailli sur le lit. J’ai revu mon année défiler et toutes les belles personnes que j’ai (re)découvertes cette année, qui s’aventurent, de près ou de loin, sur des chemins communs. J’ai envie de placer 2018 sous le signe de la gratitude et commencer cette nouvelle année en vous adressant un grand merci pour vos présences rayonnantes, qui me donnent une pleine confiance pour continuer à cheminer ensemble.
Puisse chacune, chacun s’ouvrir davantage et reconnaître la beauté des êtres qui les entourent. Reconnaissante année 2018 ! 

Souvenirs de trois semaines « à ciel ouvert » au Domaine de Chardenoux.

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Je me souviens de la joie ressentie en retrouvant le Domaine de Chardenoux.

Je me souviens du lever à l’aube pour le rituel du feu avec les prêtres du Temple de Ganesh.

Je me souviens de la gratitude exprimée par le food mantra chanté au début de chaque repas.

Je me souviens des sourires reconnaissants à chaque personne croisée.

Je me souviens de l’inspiration divine qui se manifestait à travers les chants de Mangala.

Je me souviens de la gaieté vivante pendant le seva de vaisselle collective mené par Rémy.

Je me souviens de mon état contemplatif en chantant la gayatri à l’aube.

Je me souviens de la densité philosophique de l’enseignement de Swami Atmananda.

Je me souviens des sons de l’harmonium accompagnant les chants de mantra.

Je me souviens du sourire se dessinant sur mon visage en pratiquant le dhrupad.

Je me souviens de la glisse des doigts de Reno Daniaud sur son chaturangui.

Je me souviens de la mise en lumière de la dimension profondément spirituelle du yoga lors du visionnage du film Aux sources du yoga.

Je me souviens de l’ouverture à la pure présence par les séances de yoga du cachemire guidées par Odile Thiévenaz.

Je me souviens de la diversité des ressentis face à la variété des enseignements.

Je me souviens de la magie des sons du santour joué par Paul Grant.

Je me souviens de l’après-midi passée à lire La tendresse du monde de Fabrice Midal en écoutant la pluie tomber.

Je me souviens de la découverte impressionnée du parcours de vie de Ramakrishna.

Je me souviens de l’enchantement ressenti pendant le concert interreligieux offert par Naren & Sarada.

Je me souviens de l’énergie débordante lors du saptah dansant.

Je me souviens des témoignages authentiques lors du cercle de partage de fin.

Je me souviens des bousculements vivifiants provoqués par la lecture de Pratique de la voie tibétaine de Chögyam Trungpa.

Je me souviens du contact si soutenant de la Terre au milieu du parc devant le château.

Je me souviens des marches méditatives dans la forêt du domaine.

Je me souviens des ronces griffant mes pieds lors d’une promenade autour de l’étang.

Je me souviens des vibrations jouissives parcourant mon corps se mettant à l’écoute des battements du tambour chamanique.

Je me souviens de l’heureuse retrouvaille inattendue de la pétillante Marie rencontrée lors du stage de clown de l’an dernier à Chardenoux.

Je me souviens de mon envie de lancer un groupe de pratiques d’amour bienveillant suite à la lecture de L’amour qui guérit de Sharon Salzberg.

Je me souviens du plaisir à être au contact physique des aliments lors de ma semaine de seva à la cuisine.

Je me souviens de mes mains rougies par la préparation de la salade de betteraves.

Je me souviens de la lumière dorée des siestes au soleil.

Je me souviens des délicieuses odeurs épicées de la cuisine.

Je me souviens de la cueillette des fleurs de bourrache pour décorer avec finesse les plats.

Je me souviens de l’épluchage méditatif des pêches de vigne fraîchement ramassées dans le verger.

Je me souviens de la couleur vert fluo sur la planche à découper après le hachage de persil.

Je me souviens de la force physique utilisé pour servir à la louche la dizaine de litres de tisane.

Je me souviens des beaux reflets sérotinaux du ciel et des doux nuages dans l’étang.

Je me souviens des couchers de soleil aux couleurs chatoyantes.

Je me souviens de la soirée commune célébrant l’anniversaire de Krishna et la montée au ciel de la Vierge Marie.

Je me souviens de la douceur de la présence de Swamini Umananda.

Je me souviens du corps vibrant de Sora lors de sa démonstration de danse orientale.

Je me souviens des voix laissant chanter Terre Mère.

Je me souviens de la saveur rosée des cornes de gazelle.

Je me souviens des bercements par les bhajans à la guitare de Cathy.

Je me souviens de l’émerveillement à être en contact avec le ciel étoilé.

Je me souviens des marches dans la pleine nuit noire pour retrouver mon chalet.

Je me souviens de la belle composition florale rayonnant au milieu du dojo.

Je me souviens des intentions posées toutes en couleurs lors du cercle d’ouverture du stage de clown.

Je me souviens de l’attention portée aux sensations de liquides circulant lors des échauffements corporels matinaux.

Je me souviens de la fluidité des corps se déplaçant en dessinant des leminscate au sol.

Je me souviens de la confiance à s’abandonner et se laisser danser les yeux fermés.

Je me souviens du plaisir à habiter corporellement l’espace en variant les énergies.

Je me souviens de l’équilibre à trouver entre le donner et le recevoir dans le jeu des baguettes.

Je me souviens de ma persévérance à tenir l’ouverture à ce qui est dans une improvisation où je ressentais tant de vulnérabilité.

Je me souviens de l’avancée dans la recherche d’établissements de ponts possibles entre clown et philosophie.

Je me souviens de la puissance vocale de la voix d’éléphant dans le corps d’une petite souris.

Je me souviens des orgies de fruits lors des pauses.

Je me souviens du rythme du canon « Écoutez le cœur des gens ».

Je me souviens de la contagion des éclats de rire.

Je me souviens de la dimension solaire de nombreux costumes clownesques.

Je me souviens de la mise en empathie au contact d’éléments naturels.

Je me souviens de l’énergie de jeu à clowner dans la forêt.

Je me souviens de la proposition de toucher de la présence par le jeu du clown.

Je me souviens de l’imaginaire débordant des clowns pour faire apparaître de nouveaux possibles.

Je me souviens du cheminement parcouru pour arriver à percevoir la dimension profondément spirituelle de l’être clownesque, qui célèbre la vie en s’ouvrant à l’extraordinaire des choses ordinaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Expérimentation d’atelier clown-philo pour enfants

« Quand j’ai mis le nez rouge, j’ai senti que quand vous rigoliez tous vos rires et toutes mes émotions passaient dans mes baskets, mes jambes, mon ventre et même dans mon nez et ma bouche. »  – Sofia, CP

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Le clown et le philosophe semblent proposer deux manières d’être au monde assez différentes, le premier habitant pleinement le monde sensible et le second recherchant l’élévation vers le monde intelligible. Le clown vit par tout ce qui traverse son corps et son cœur, « à chaud » alors que le philosophe réfléchit « à froid », il prend du recul par rapport à ce qu’il vit pour bien penser.

Cependant, le clown et le philosophe partagent un point commun essentiel dans leur manière d’être au monde : leur posture d’étonnement. Le clown tâtonne, expérimente et s’étonne. Le philosophe s’étonne, se questionne et développe une pensée réflexive. Si l’étonnement est une faculté naturelle à tout être humain dès qu’il vient au monde, cette faculté demande néanmoins à être cultivée pour rester vivante. Comme le dit si bien John Dewey, la tâche de l’éducateur est « de conserver l’étincelle sacrée de l’étonnement et d’attiser la flamme qui brûle déjà ».

Aujourd’hui, lors de mon atelier philo avec un groupe de CP, pour cultiver cette étincelle sacrée de l’étonnement, j’ai voulu sortir de la routine des ateliers philo commençant par la lecture d’une histoire philosophique, expérimenter quelque chose de nouveau en commençant cette fois-ci par une pratique du clown. J’ai déjà animé plusieurs centaines d’ateliers philo, plusieurs dizaines d’ateliers clown avec les enfants mais je n’avais encore jamais essayé de mettre les deux pratiques dans un même atelier bien que l’idée de construire un pont entre les deux pratiques me trotte dans la tête depuis quelques mois. Les enfants de cet atelier étant relativement habitués à discuter de questions issues des cueillettes de questions posées et choisies par eux-mêmes, je suis venue sans avoir préparé de questions à discuter après l’exercice d’initiation au clown en faisant confiance au fait que l’expérience vécue susciterait certainement autant de questions que les histoires lues. L’exercice d’initiation au clown consistait juste à découvrir le rituel pour mettre le nez rouge et une fois le nez rouge en place, prendre le temps de rencontrer les autres participants par le regard et sentir ce que ce nez rouge et ces regards nous font traverser corporellement et émotionnellement. Après que chacun ait expérimenté le clown, chacun, à l’aide d’une balle de parole, a pu s’exprimer sur ce qu’il avait vécu et poser une question qui lui était venue suite à cette expérience :

  • Pourquoi fait-on du clown ? Eliott
  • Quel est le lien entre le clown et la joie ? Esther
  • Qu’est-ce qui nous donne envie de rigoler ? Tom
  • Pourquoi quand on voit quelqu’un rigoler a-t-on aussi envie de rigoler ? Pauline
  • Pourquoi aime-t-on que les autres rigolent quand on est clown ? Martin
  • Pourquoi le clown a parfois peur ? Mehdi
  • Pourquoi quand les autres rigolent de nous croit-on qu’ils sont méchants ? Kethura
  • Pourquoi met-on un nez pour être un clown ? Sofia
  • Pourquoi les clowns ont des nez rouges ? Louis

La cloche de l’accueil de loisirs a sonné à la fin de la cueillette de questions. Les enfants choisiront la question sur laquelle dialoguer lors de la prochaine séance, à suivre donc. 😉

 

Émile Verhaeren, Un matin

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Dès le matin, par mes grand’routes coutumières
Qui traversent champs et vergers,
Je suis parti clair et léger,
Le corps enveloppé de vent et de lumière.

Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux ;
C’est fête et joie en ma poitrine ;
Que m’importent droits et doctrines,
Le caillou sonne et luit sous mes talons poudreux ;

Je marche avec l’orgueil d’aimer l’air et la terre,
D’être immense et d’être fou
Et de mêler le monde et tout
A cet enivrement de vie élémentaire.

Oh ! les pas voyageurs et clairs des anciens dieux !
Je m’enfouis dans l’herbe sombre
Où les chênes versent leurs ombres
Et je baise les fleurs sur leurs bouches de feu.

Les bras fluides et doux des rivières m’accueillent ;
Je me repose et je repars,
Avec mon guide : le hasard,
Par des sentiers sous bois dont je mâche les feuilles.

Il me semble jusqu’à ce jour n’avoir vécu
Que pour mourir et non pour vivre :
Oh ! quels tombeaux creusent les livres
Et que de fronts armés y descendent vaincus !

Dites, est-il vrai qu’hier il existât des choses,
Et que des yeux quotidiens
Aient regardé, avant les miens,
Se pavoiser les fruits et s’exalter les roses !

Pour la première fois, je vois les vents vermeils
Briller dans la mer des branchages,
Mon âme humaine n’a point d’âge ;
Tout est jeune, tout est nouveau sous le soleil.

J’aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse
Et mes cheveux amples et blonds
Et je voudrais, par mes poumons,
Boire l’espace entier pour en gonfler ma force.

Oh ! ces marches à travers bois, plaines, fossés,
Où l’être chante et pleure et crie
Et se dépense avec furie
Et s’enivre de soi ainsi qu’un insensé !

La méditation et le clown, deux voies pour s’ouvrir à la nudité de l’être.

Mon parcours personnel m’a amenée à m’engager parallèlement il y a près de 2 ans sur les voies de la méditation et du clown. Je dis parallèlement car je m’y suis intéressée au départ de manière indépendante. Et, de prime abord, on pourrait considérer que la méditation et le clown n’ont rien de commun et même s’orientent vers deux directions divergentes : la méditation étant plutôt associée à la paix et à la sagesse et le clown plutôt au rire voire à la folie. Mais, derrière ces idées relativement stéréotypées, ce qui m’a profondément touchée en m’immergeant dans ces deux pratiques, est qu’elles convergent vers une même aspiration : elles constituent deux voies pour s’ouvrir à la nudité de l’être.

Nous vivons dans une société où nous sommes sans cesse en train de faire des projets, où nous cherchons à accomplir des objectifs et l’accomplissement ou le non-accomplissement de ces objectifs signe notre réussite ou notre échec. Nous nous identifions au rôle social que nous jouons, nous cachons notre être derrière une fonction. La méditation et le clown ne sont pas un ensemble de techniques pour atteindre des états particuliers — que ce soit un état individuel de paix ou un état de rire du public — mais bien plutôt des manières d’être au monde qui nous invitent à entrer pleinement en rapport à notre expérience telle qu’elle est, sans chercher à la manipuler ni même la maquiller. Nous ne pouvons pas rater la pratique de la méditation ni du clown car il n’y a rien à réussir, il y a juste à être et habiter le présent, quelle que soit l’expérience que nous traversons ici et maintenant. Ce qui compte, ce n’est pas le but, c’est le chemin, ou comme le dit si justement le titre d’un ouvrage de Chögyam Trungpa « le chemin est le but ».

Lors de la pratique de la méditation comme du clown, nous développons une présence attentive et bienveillante qui cesse de tout juger par le filtre mental. Nous retrouvons notre enfant intérieur et notre regard d’étonnement face au fait d’être au monde, c’est comme si nous redécouvrions tout à neuf. Nous nous ouvrons à notre cœur à nu et nous accueillons toutes les émotions qui nous traversent.  À la différence de la vie sociale souvent tournée vers la compétition et la recherche effrénée de performance, où il nous faut toujours nous montrer fort, quand bien même ce n’est souvent qu’un masque que nous enfilons pour nous protéger, la méditation et le clown nous autorisent et même nous encouragent à donner droit à notre fragilité et au fait d’être touché. Cette part sensible de notre être n’est certes pas toujours facile ni confortable à accepter mais elle est ô combien précieuse pour vivre une vie authentiquement humaine.