La croyance est-elle soumission ?

  • Nature du devoir : dissertation de partiel en 4h
  • Cours : L1, Méthodologie
  • Note : 14/20

La croyance est un acte qui consiste à tenir pour vrai quelque chose sans savoir si ce quelque chose est véritablement vrai. Par cette première définition, nous pouvons comprendre le phénomène de la croyance comme relevant d’un mécanisme d’adhésion. En effet, lorsque je crois quelqu’un, j’adhère à ce qu’il dit. Nous voyons alors se profiler une relation entre celui qui croit et ce qu’il croit.

L’énoncé du sujet «La croyance est-elle soumission ?» nous demande d’ailleurs de nous interroger sur la nature de cette relation. Nous devrons faire attention à essayer de saisir un concept général de «la» croyance et non de décrire les particularités «des» croyances. Nous chercherons en quoi réside l’essence de la croyance («est-elle»). Y a-t-il identité entre la croyance et la soumission ? La soumission se définit comme un rapport inégal entre deux termes, c’est une relation de domination. Aux premiers abords, nous comprenons la croyance comme une distanciation du réel, elle est ainsi définie comme l’absence de soumission au réel. Mais ce n’est pas pour autant que la croyance soit absence de soumission tout court. Nous verrons alors dans un deuxième temps que parce que la croyance est une adhésion, elle est par définition soumission. Enfin, si nous affirmons que la croyance est soumission, il faudra nous interroger sur les moyens possibles d’une libération et nous verrons que la connaissance, qui se distingue de la croyance par l’assurance de sa vérité ainsi que l’accompagnement d’un raisonnement pour y accéder.

***

À présent, nous entrons dans notre premier moment de la réflexion où nous allons voir que la croyance n’est pas soumission.

Tout d’abord, si la croyance est un acte qui consiste à tenir pour vrai sans savoir la justifiant, nous pouvons dire que contrairement à la connaissance, acte qui consiste ) savoir le vrai, qui fait appel à l’usage de la raison pour examiner la conformité entre ce que l’on sait et sa réalité effective, la croyance n’est qu’un produit de l’imagination. L’imagination est une faculté permettant la représentation d’images mentales.

Si la croyance est un produit de l’imagination, c’est-à-dire qui s’inscrit dans une forme d’insouciance tant par rapport à la validité que la vérité de son objet, alors nous pouvons dire que la croyance est une faculté d’abstraction du réel.

C’est pourquoi nous voyons dans la croyance une certaine forme de libération à l’égard des contraintes du réel. Nous allons analyser pour montrer cela l’exemple de la croyance religieuse. L’homme de foi religieuse, c’est-à-dire qui croit en Dieu en ayant une conviction intime de cela, se détache des vains désirs qu’ont la majorité des hommes en ce monde ici-bas en imaginant les biens qu’il recevra grâce à son salut dans l’au-delà.

En outre, nous pouvons dire que la croyance n’est pas une soumission car elle résulte d’une démarche volontaire. Faire usage de la volonté, c’est choisir ses propres convictions librement, c’est donc ne pas être dépendant, en d’autres termes, soumis à quelqu’un d’autre que soi-même.

Nous avons vu dans ce premier moment de la réflexion que la croyance n’était pas soumission dans la mesure où par sa distanciation, elle était indépendant du réel, et que d’autre part elle résultait d’une démarche volontaire, c’est-à-dire libre.

*

Cependant, si la croyance est l’absence de soumission du régime de la raison et du réel, nous pouvons nous demander si elle n’est pas soumission d’un autre ordre.

*

Nous pouvons maintenant entrer dans le deuxième moment de réflexion où nous allons nous rendre compte que la croyance est par définition soumission.

Tout d’abord, pour pouvoir tenir vrai quelque chose sans en avoir le savoir, la croyance nécessite une confiance sans raison. Faire confiance à quelqu’un ou à quelque chose, c’est se laisser à la merci de, s’en remettre à, quelqu’un ou quelque chose, c’est-à-dire se soumettre. Il y a une relation d’infériorité, on se laisse guider. Même si comme nous l’avons admis en première partie la croyance résulterait d’une adhésion volontaire, une perte de liberté reste une perte de liberté.

La croyance est selon Karl Marx une aliénation, cela signifie qu’elle se traduit par une perte de rapport à soi, une perte d’identité. En effett, en se soumettant, on n’est plus authentiquement soi-même, on devient étranger à soi-même, on ne se reconnaît plus.

Si nous avons montré qu’il est de l’essence de la croyance d’être soumission, nous devons préciser notre propos et nous interroger sur la soumission à qui, à quoi ? Nous devons alors distinguer deux types de croyances particulières pour répondre adéquatement à cette question. Premièrement, dans le cas particulier de la croyance religieuse, on se soumet à un prétendu Être nommé Dieu, qui étant omnipotent, a la maîtrise entière de notre destin. Deuxièmement, nous pouvons rapporter la croyance à la croyance commune. Nous pouvons apprendre ici avec Platon dans l’exposé de la «ligne» se trouvant à la fin du livre VI de La République que la croyance fait partie du monde sensible, plus exactement du règne des opinions et des représentations. Or le monde sensible est soumis au devenir, c’est-à-dire à ce qui est changeant, ce qui manque de stabilité. Par conséquence, en croyant, nous sommes nous aussi soumis à l’instabilité.

*

Si la croyance est soumission à des personnes, des opinions et des représentations, nous ne pouvons en rester à ce constat.

*

Nous allons donc le dépasser dans ce troisième moment de la réflexion où nous nous donnerons les moyens de penser les conditions de libération.

Tout d’abord, puisque la croyance n’étant pas ferme et sujette, par l’absence de véritable fondement, à l’erreur, nous pouvons nous en référer à René Descartes qui nous conseille dans la «Méditation première» des Méditations métaphysiques de faire au moins une fois dans sa vie l’expérience du doute méthodique, un doute hyperbolique qui remet en cause l’ensemble de nos croyances acquises auparavant.

De plus, il nous dit que parce que les sens nous ont déjà trompé une fois, l’attitude à adopter est de ne plus leur faire confiance. Faire confiance et croire en nos sens, c’est s’en rapporter à son corps, organe de nos sensation. Or Épictète nous apprend dans l’article I, 1 de son Manuel que le corps fait partie de ce qui ne dépend pas de nous et dans l’article I, 2 qu’il fait partie des choses serviles, c’est-à-dire non-libres.

Nous pensons aussi au «mythe de la caverne» dans le livre VII de La République de Platon, où l’on observe que les hommes qui n’ont que des croyances sont des prisonniers, ils ne font usage de leur liberté, ils sont soumis à des représentations. En revanche, les hommes libres sont les philosophes, c’est-à-dire qui ceux qui font usage de leur intellect, ce qui leur permet de se libérer des illusions sensibles de la croyances pour accéder à la connaissance des réalités intelligibles.

La connaissance n’est pas quelque chose de donné immédiatement comme peut l’être la croyance. La connaissance nécessite en effet un travail au moyen de l’entendement. Si nous parlons de la connaissance comme moyen de libération, c’est parce que la liberté n’est pas donnée mais s’acquiert.

Enfin, nous pouvons affirmer que nous sommes à même de prendre des décisions libres que lorsque que nous avons pris pleinement connaissance de l’ensemble des circonstances d’une situation par nous-même. Ainsi notre volonté est réellement libre, nous sommes notre propre législateur, nous sommes alors autonomes selon le vocabulaire de Kant.

Nous avons vu dans cette dernière partie que la connaissance, s’opposant à la croyance, permettait de sortir de la soumission en vue d’une libération.

***

En conclusion, à la question fermée «La croyance est-elle soumission ?», nous répondrons par la positive. La croyance est une adhésion sans raison, ni justification et par conséquent une soumission, une domination par quelque chose qui nous dépasse. La soumission est dangereuse parce qu’elle nie notre liberté et nous fait ainsi perdre la maîtrise de nous-même. C’est pourquoi nous devons récuser et combattre le phénomène de croyance en vue de rendre à l’homme sa qualité propre, son ergon : sa liberté. Cette libération ne peut se conquérir que par la quête de connaissance grâce à l’usage de notre intellect. C’est dans cette optique que s’inscrit la noble démarche de la philosophie.

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15 réflexions sur “La croyance est-elle soumission ?

  1. Bonjour Amélie
    je suis étudiant au collège et je suit des cours de philosophie. ton texte m’a vraiment impressionné d’autant plus qu’il est écrit par quelqu’un de mon âge.
    je voulais te remercier d’avoir publié ta dissert sur internet car elle m’a été fort utile. j’avais a écrire un texte sur : «la façon dont l’homme peut concilier les impératifs de l’autorité et les pressions de groupe avec la voix de la conscience est un problème permanent de la société humaine.» le prof nous enseigne sur Milgram et son expérience sur la soumission à l’autorité.
    du coup la soumission à la croyance fut une bonne parallèle.

    je trouve 14/20 plutôt critique, ce n’est que 70% après tout.

    Arnaud

    • Bonsoir Arnaud,
      Merci pour ton commentaire, je suis toujours ravie de savoir que ce que je partage sur internet peut être utile à d’autres 😉 Quant au 14/20, c’était néanmoins la meilleure note de la classe, donc je ne vais pas me plaindre surtout que je trouve que ce que j’avais rendu un peu « light » mais bon…
      Tu es étudiant où ? Car le collège en France, c’est jusqu’à 14 ans et on n’y fait pas de philosophie alors j’imagine que tu dois être sur un autre endroit du globe…
      Du coup, je ne sais pas si tu sais, mais par rapport à l’expérience de Milgram, il y a eu récemment en France une émission télévisée qui a tenté de reproduire cette expérience avec non plus le scientifique comme parole d’autorité, mais la télé. Peut-être que cela peut t’intéresser : http://www.scienceshumaines.com/jusqu-ou-va-la-tele–de-milgram-au-jeu-de-la-mort_fr_25150.html

      Bon travail !

      • Je suis du Québec, je vis a Montréal. Tu connais sans doute, c’est la plus grosse ville francophone après Paris. Tu vis où?
        c’est drôle parce que j’ai écrit Bonjour et tu as répondu par un Bonsoir!

        Quant au Jeu de la Mort je suis au courant. c’est d’ailleurs avec ca que j’ai fait mon intro. L’an dernier je suis tombé la dessus par hasard sur youtube et j’en avait parlé à mon prof de socio, il connaissait pas! du coup le cours d’après on a passé un bon moment a en écouter des extraits.

        je te ferai savoir combien j’ai eu mais jai des gros doute sur la qualité de mon travail…disons que j’ai déja fait mieux. surtout que cétait du pour hier, alors -2 points…

        met tu tous tes devoirs sur internet? d’ailleurs ce site, cest un blog ou un répertoire de travaux?

      • Je vis depuis 2 mois à Paris même, mais j’ai fait ma première année d’université à Nice et la seconde à Grenoble.

        Sur le Jeu de la Mort, lors de la diffusion sur la télé française, il y avait eu un débat suivant l’émission avec différents invités, dont Alexandre Lacroix, le rédacteur en chef de Philosophie magazine et il s’était produit un incident (coupé au montage) assez intéressant à noter. Le présentateur du débat, Christophe Hondelatte, avait presque forcé un des participants du Jeu de la mort à avouer son homosexualité alors que ce dernier ne préférait ne pas en parler. Ensuite, Alexandre Lacroix s’indigne alors de cette situation et là, Christophe Hondelatte lui demande alors de dégager de son émission et veut « s’expliquer » avec lui seul à seul dans sa loger… Suite à cet incident, Alexandre Lacroix a sorti peu de temps après un livre intitulé Le Téléviathan qui raconte plus en détail cet épisode ainsi qu’il entame une réflexion plus vaste sur la télévision.

        Quant à mon blog, je l’ai ouvert il y a environ un an et au départ, j’avais mis tous mes devoirs tels quels en ligne en précisant le niveau, les conditions de l’épreuve et la note, dans un but avant tout pédagogique pour montrer à des élèves ce que pouvait faire quelqu’un de leur âge (ça me semblait peut-être moins effrayant que les corrigés d’annales écrits par des profs). Durant l’année, j’ai continué à mettre mes devoirs, à rajouter mes photos (pas toujours en adéquation avec le sujet d’ailleurs…), puis dernièrement, j’ai posté une recension ainsi qu’un article relevant plutôt de l’introspection, je pense continuer dans ce sens-là mais ce n’est pas toujours facile de trouver le temps pour écrire des choses en plus de ce que je fais spécifiquement pour mes études. Voilà 😉

  2. Au K…uébec, la K…ORRUPTION n’aura qu’un temps

    au K…uébec ces jours-ci
    c’est par la K…ualité du fumier
    qu’on peut intuitionner
    les futures récoltes

    En ce moment même, Dieu sculpte l’âme du K…uébec
    oar ses rêveurs equitables en marche vers le pays oeuvre d’art
    comme Dieu a sculpté l’âme de l’oratoire St-Joseph
    par son rêveur équitable K…ue fut le frère André:))))

    Mon nom est Pierrot Rochette

    Il y a 35 ans, je fondais les boîtes à chansons les deux Pierrots dans le Vieux Montréal.

    Il y a trois ans, je donnais tous mes biens pour devenir ermite des routes
    (www.demers.qc.ca, chansons de pierrot, paroles et musique, entrevue à la radio de
    radio-canada de sept-iles, en deux parties. Mon objectif étant d’allumer sur ma route de
    nomadisme politique une masse critique de rêveurs équitables de façon à ce qu’après ma
    mort, cette masse critique de vies privées oeuvre d’art fasse surgir le concept du pays
    oeuvre d’art, comme contribution au K…uébec du 21eme siecle. (www.reveursequitables.com)

    Il y a deux ans et demie, deux jeunes femmes cinéastes me trouvèrent endormi sur une
    galerie et me firent part de leur rêve: faire un documentaire sur ma démarche politique
    en me suivant épisodiquement avec une caméra. Un six minutes de leur oeuvre est offert
    sur le site internet suivant: (www.enracontantpierrot.blogspot.com).

    Samedi soir le 4 décembre 2008 à Montréal, à 20 heures au CAFE QUI FAIT QUOI (coin
    sherbrooke, St-Denis), aura lieu la première de la projection de ce documentaire
    intitulé: MON AMI PIERROT, LE DERNIER HOMME LIBRE. Après le 45 minutes que dure cette
    projection, je répondrai aux questions en chantant avec ma guitare quelques unes de mes
    105 chansons politiques écrites sur la route sur de vraies rencontres et de vraies
    histoires vécues.

    p.s.

    Sur le site web (www.reveursequitables.com), est aussi offert une partie de mon
    oeuvre littéraire. Un premier 1000 pages politique intitulé MONSIEUR 2.7 K (k… pour
    K…uébécois) et comme second titre LE JOURNAL-COURRIEL DU DERNIER HOMME LIBRE.

    A partir d’une lecture post-internet des 50 ans de la révolution tranquille, MONSIEUR
    2.7 K defend l’hypothèse théorique suivante:

    Les 50 ans de la révolution tranquille peuvent s’interpréter comme un outil
    méthodologique que se sont donné les K…uébécois pour réaliser en trois temps
    dialectiques le manifeste du refus global de 1948.

    ier temps

    De 1960 à 1995, le projet de l’indépendance du K…uébec fut vécu comme un attracteur
    philosophique permettant un rattrapage économique et social répondant comme un écho à la
    sirène de la modernité nord-américaine, provoquant par conséquence systémique la primauté
    des droits collectifs sur les droits individuels

    2eme temps

    En 1995, la rupture épistémologique que constitua la chute du mur ethno-linguistique
    du référendum parizeau peut etre interprétée comme un rattrapage de la nouvelle
    conjecture mondiale annoncée par la naissance d’internet (1989) et la chute du mur de
    Berlin (1989).

    3eme temps

    De 1995 à aujourd’hui, Le K…uébec comme le reste du K…anada est passé d’une
    société verticale pré-internet à une société horizontale post-internet (cellulaire,
    facebook, twitter etc…) consacrant les structures collectives déjà en place comme
    outils satisfaisant devant la demande croissante de la primauté des droits individuels
    sur les droits collectifs, de quelque nature que ce soit.

    CONCLUSION

    L’intense corruption publique que vit le K…uébec en ce moment peut être interprétée
    comme une transition d’une structure démocratique à une autre, dans la ligne de rupture
    de pensées de Montesquieu (la séparation des pouvoirs),Lammenais (une naiton = langue,
    race, religion), Wilfrid Laurier (les droits ont primauté sur la langue, la race et la
    religion), Franck Scott (la charte des droits et libertés annoncant le surgissement du
    futur pays oeuvre d’art, (Pierrot Rochette)(le pays oeuvre d’art n’étant possible que par
    la masse des vies privées oeuvre d’art) (www.ww.demers.qc.ca, l’ile de l’éternité de
    l’instant présent, prologue, on m’y écrit) (www.demers.qc.ca, chansons de pierrot paroles
    et musique, 2eme partie de l’entrevue à Radio-Canada.

    La crise de corruption que vit le K…uébec ces jours-ci invite peut-être les citoyens
    de toutes les régions du Canada à une réflexion du genre de celle-ci:

    La liberté la plus grande de toutes consiste à réformer son existence, condition
    préalable à toute réforme de la société.

    A partir de cet a priori, on pourrait définir le rêveur équitable du 21eme siècle de
    la façon suivante; un rêveur équitable, ce serait toute personne qui prend la décision de
    prendre soin du rêve d’une autre personne qu’importe sa race, sa langue, sa religion et
    cela, SANS INTERET PERSONNEL CACHÉ.

    En ce sens, ce serait la masse critique des vies privées oeuvre d’art (une vie oeuvre
    d’art au 21eme siècle, ce serait toute personne qui utilise son passé comme un coffre
    d’outil pour sculpter son rêve équitable au service du bien commun) qui permettra un jour
    le surgissement d’un concept nation que j’appelle: LA NATION OEUVRE D’ART

    Pierrot
    ermite des routes

    pierrot@reveursequitables.com

  3.  » Le savoir c’est le pouvoir, le pouvoir de faire la bonne action. Le Prince a réussi édition original 2008″

    Pierre Rochette, vagabond céleste, Pierrot la lune et j’en passe…

    “SANS INTERET PERSONNEL CACHÉ” Mon œil !

    Peut de gens savent que l’idée de marcher le Québec lui vient de l’auteur Ubald Picard de Victoriaville et que ” Rêveur Équitable” lui à été inspirer par les recherches philosophique de Gérard Cadieux décrite dans le livre ” Le prince a réussi” Édition original février 2008. Deux rêveurs que Pierre Rochette a vampirisés. Serez-vous le prochain rêveur à tomber dans ses griffes ?

    “SANS INTERET PERSONNEL CACHÉ” Mon oeil!

    Gérard Cadieux

  4. PIERROT ROCHETTE
    CREATEUR D’ART NUMERIQUE

    ENFIN LA REVOLUTION DU IPAD

    ici Pierrot, du colloque epaper world
    bravo pour votre magnifique page web

    je voulais vous partager une réflexion
    sur l’écosystème numérique

    1) chaque membre de production de la chaine numerique risque de devenir a tour de role un sous-traitant de qualite pour le projet soit d’un auteur, soit d’un auditeur, soit d’un réseauteur international. Pour moi c’est en ce sens que l’éditeur ESS (ECONOMIE Sedentaire solide) va etre remplacé par l’éditeur ENN (editeur nomade numerique).

    2) j’ajouterai deux sections sur mon blog http://www.reveursequitables.com dont les deux oeuvres d’art numerique constituent deux approches suivant l’évolution du numerique (Monsieur 2.7 K, l’age d’or de la decouverte) et le journal-courriels du dernier homme libre (l’age d’or du courriel)

    3) la derniere oeuvre de ma trilogie s’intitulera BOOK BLOG et sera écrite en directe sur un blog avec commentaires ou je serai virale sur facebook et twitter sans qu’on ne puisse jamais me parler personnellement, sauf par comemntaire entre les chapitres…. le tout étant accompagne par un BOOK CAM, soit une camera web qui tous les matins a 6h.30 am jusqu’a 7h permettra au lecteur d’assister a une discussion de créativite entre mon partenaire master web Michel Woodard et moi le master art numerique.. le tout sera suivi d’une publication papier ou le MAKING OF servira a donner une valeur ajoutée à la marque REVEURSEQUITABLES.COM de facon à ce que je puisse me passer de tous les acteurs de la chaine de production numerique, vendant mes oeuvres à $1.00 chaque, cherchant plutot 100,000 personnes qui paieront pour l’ensemble de mes oeuvres dans un panier (ex: mes 3 ebook, mes 19 emissions de t.v. deja canees sur le work progress du pays oeuvre d’art, mes 105 chansons …

    Puis une fois mon ier million fait, j’écrirai un livre sur le design du modele d’affaire pour l’auteur numerique roi par son contenu, parce que selon moi, le createur, qu’importe son domaine d’expression a droit au meme privilege que Picasso qui n’a jamais demande a ce qu’un editeur formate au dessus de son epaule pendant qu’il peint…

    Puis une fois ces deux millions en poche, je donnerai tout et repartirai vagabonder la beaute du monde

    Pierrot
    ermite des routes

    http://www.reveursequitables.com

  5. NOUVEAU DOCUMENTAIRE
    MON AMI PIERROT LE DERNIER HOMME LIBRE
    LE FONDATEUR DES BOITES A CHANSONS
    LES DEUX PIERROTS DU VIEUX MONTREAL

    http://www.enracontantpierrot.blogspot.com
    http://www.reveursequitables.com

    Pierre Rochette : l’ermite des routes allume les coeurs
    Par Daniel Deslauriers
    Depuis trois ans, Pierre Rochette pourchasse les rêveurs partout où il
    passe.
    « Je suis comme l’allumeur de réverbères du Petit Prince », ditil.
    «
    J’allume la flamme enfouie dans le coeur des gens que je rencontre
    en les incitant à vivre leur rêve. Je vais là où il y a des rêveurs.
    Chaque fois que je rencontre quelqu’un, je lui demande : connaistu
    quelque part un grand rêveur? »
    Pour cet homme à l’allure singulière, chaque humain possède en lui
    une petite bougie qui mérite d’être allumée et nourrie. Par peur ou
    par conformisme bien souvent, les gens passent à côté
    d’expériences merveilleuses, selon lui. « Je suis assoiffé de
    contribuer à une nouvelle vision : un pays « oeuvre d’art » où chaque
    citoyen, en rêveur équitable, prend soin de la vie privée de l’autre
    sans intérêt personnel caché. Imaginez la fête quand toutes ces
    chandelles illumineront le pays. »
    Tournant décisif
    Il n’a fallu qu’un seul regard, un simple sourire, pour le convaincre de
    tout abandonner encore une fois et de prendre la route.
    « Complètement édentée, c’est probablement l’une des femmes les
    plus laides que j’ai rencontrées, mais il y avait plus d’amour dans ce
    regard que dans tout ce que j’avais pu écrire. » De là est née l’idée
    de faire le tour du Québec à pied pour écouter les gens et les aider à
    réaliser leur rêve.
    Avec son bâton de pèlerin, sa vieille guitare et son sac à dos, le vieil
    homme à la barbe blanche a traversé le Québec plusieurs fois. Il a
    dormi sous des ponts, dans des fossés et sur des congélateurs. Il
    mange quand il le peut sans demander quoi que ce soit. « Je me
    nourris de toutes ces rencontres avec ces milliers de gens qui
    partagent leur histoire avec moi », ditil.
    « Un jour, j’ai rencontré un homme qui sautillait sur place et agitait les
    bras comme un fou. Je lui ai demandé pourquoi il bougeait sans arrêt
    et quel était son rêve. Il m’a répondu : je veux faire un métier qui va
    me permettre de bouger sans cesse. Je l’ai croisé à nouveau sur ma
    route, peu de temps après, il était devenu éboueur. Quel beau métier
    pour cet homme qui avait un rêve. »
    Documentaire
    Cette aventure a inspiré la production d’un documentaire de 50
    minutes (voir démo au http://www.enracontantpierrot.blogspot.com). Avec
    des moyens de fortune, deux jeunes finissantes en journalisme de
    l’Université de Montréal, Véronique Leduc et Geneviève VézinaMontplaisir,
    l’ont suivi sur la route pendant deux ans. « Je l’ai
    rencontré par hasard en octobre 2007.
    Il avait dormi sur la galerie de la salle de spectacle de mon copain à
    Lavaltrie », explique Véronique Leduc. Au début, je l’ai trouvé bizarre.
    On a jasé un peu, puis il a sorti sa guitare. J’ai été captivé par son
    histoire et l’idée d’un documentaire a germé tout de suite. »
    « Bien sûr, Pierrot ne fait pas l’unanimité auprès de tout le monde »,
    explique Véronique. « Son choix de vie, c’est un peu égoïste dans un
    sens, mais, en même temps, il est tellement tourné vers les autres.
    C’est un personnage très attachant. »
    Présenté en avantpremière
    au théâtre Le Patriote de SainteAgathedesMonts
    le 30 octobre, Pierrot : Le dernier homme libre s’amène au
    Café Qui fait quoi du 3428, rue StDenis,
    à Montréal le 4 décembre à
    20 heures (entrée 10$).
    « À 61 ans, je suis hanté par le succès de ces filles. En même temps,
    je suis complètement déstabilisé parce que le film porte sur moi. J’ai
    besoin que la salle soit pleine, pour elles, mais j’aimerais aussi
    m’enfouir 10 pieds sous terre, par trop de fragilité. »
    Au service des autres
    Son aventure lui a inspiré plus d’une centaine de chansons depuis le
    début de son vagabondage. « Je me suis inspiré de la vie de tous
    ces gens que j’ai rencontrés au fil de mon voyage. »
    Pierrot le vagabond est formel : la souffrance est nécessaire pour
    remplir son coffre à outils. Plus on souffre et plus notre coffre à outils
    s’enrichit.
    « C’est aussi le message que je veux transmettre. En fait, si j’ai une
    seule crainte, c’est celle de ne pas avoir assez servi. Je ne suis pas
    libre parce que je travaille. Dans les épreuves comme dans
    l’abondance, il faut s’occuper du rêve des autres. »
    Et puis d’un seul trait, après deux heures d’entrevue, Pierrot range sa
    guitare et ses souvenirs. « Je dois reprendre la route », ditil
    sans
    prévenir. « Il y a d’autres rêveurs qui attendent… »

    L’homme derrière le vagabond…
    Par Daniel Deslauriers
    Fou ou génie? Une chose est sûre : ce vagabondpoète
    ne laisse
    personne indifférent. Son parcours de vie est à l’image des routes
    qu’il arpente jour et nuit : tortueux et imprévisible.
    Originaire de La Tuque, il a grandi à quelques rues du grand Félix
    Leclerc. « Mon père a été le premier, au Canada, à ouvrir une station
    de télévision communautaire dans les années ‘60 », explique cet
    ermite des routes. L’expérience a mal tourné. Ruiné et sans le sou, il
    confie son fils aux frères du Collège Jean de Brébeuf à Montréal.
    « Je peux me vanter d’avoir été le seul pauvre à étudier dans ce
    collège en échange d’un peu de travail », ditil
    avec un grand rire.
    Plus tard, il enseignera la philosophie au Conservatoire de musique
    de Montréal avant de se consacrer corps et âme à la musique. Il
    fonde le groupe Les Contretemps, puis ouvre la boîte Les Deux
    Pierrot dans le VieuxMontréal
    et chante un peu partout dans le
    monde (Afrique, Allemagne, France et Japon). « Je n’ai jamais
    manqué de travail », précise Pierre Rochette avec une certaine fierté.
    Libre comme l’air
    Mais, l’appel de la liberté le tenaille sans cesse. Et puis, à l’aube de
    ses 50 ans, en plein spectacle et au beau milieu d’une chanson de
    Jacques Brel, il quitte la petite scène de l’Auberge La Calèche à
    SainteAgathedesMonts
    en disant :
    Tabarnack,
    laissezmoi
    partir!
    « Il nous restait encore trois ans de contrat », explique l’imprévisible
    Pierrot. « Je ne suis jamais remonté sur scène. »
    Son partenaire de scène, Denis Lamarre, ne lui en veut pas.
    Ensemble, ils ont fait plus de 3 000 spectacles au Québec et chanté
    devant plus d’un million de spectateurs pendant les 18 ans de leur
    association. « Pierrot est un homme sans attaches », ditil.
    « Il a
    toujours insisté pour serrer la main de tous les spectateurs présents.
    C’est un homme généreux, tourné vers les autres, mais qui veut
    rester libre dans toutes les facettes de sa vie. »
    Il donne ensuite sa maison, ferme ses comptes de banque et
    distribue tout son argent. Il laisse derrière lui ses trois enfants, issus
    de trois unions différentes, et bon nombre d’amis dans son village
    d’adoption, ValDavid,
    où il a été conseiller municipal avant de faire la
    chasse aux gourous (Médecins du Ciel) dans une saga qui a
    alimenté les médias pendant plusieurs mois en 1995.
    Assoiffé de connaissances
    « J’ai quitté la maison en laissant la porte ouverte avec, comme
    seules possessions, les vêtements que je portais et ma vieille guitare
    Yamaha. »
    Il s’enferme ensuite, sept jours sur sept, dans une bibliothèque de
    Victoriaville pour « raffiner sa culture générale » et « trouver sa place
    dans la littérature mondiale. » Assoiffé de connaissances, il lit
    régulièrement une dizaine de livres en même temps en commençant
    toujours par la fin. Avec une maîtrise sur le rire en poche, il prépare
    maintenant un doctorat en intelligence collective.
    Le squatter, qui sommeille en lui, s’installe ensuite au soussol
    d’une
    librairie alternative de cette ville. Entouré de livres, il dort sur une
    table. Il termine alors l’écriture du premier tome (Monsieur 2.7K) de
    sa trilogie. Son oeuvre compte plus de 3 000 pages. Depuis quelques
    jours, ce premier tome est disponible gratuitement sur le web à
    l’adresse qui apparaît plus bas.
    « Je suis un homme choyé. J’ai eu de bons parents et de bons
    partenaires de spectacle. Il insiste pour parler de son partenaire
    actuel, Michel Woodard, un vieil ami chansonnier qu’il a retrouvé
    après 35 ans de silence. Avec lui et sa conjointe Marlene Hall, ils ont
    décidé de réseauter tous les « rêveurs équitables » de la planète et
    organisent, de façon ponctuelle, des rencontres avec le public. Un
    site internet a été créé dans cette foulée (
    http://www.reveursequitables.com).

    MERCI
    pierrot@reveursequitables.com

  6. Du Québec, Canada,
    LES REVEURSEQUITABLES.COM
    PRESENTENT
    UN RENDEZ-VOUS EQUITABLE
    INTITULÉ:

    LEADERSHIP HEROIQUE

    Le duo reveursequitables.com
    offrent un rendez-vous équitable
    à 39 personnes réunies en cercle
    autour de deux chansonniers animateurs
    Michel Woodard et Pierrot Rochette,
    leurs deux guitares
    et un bâton de parole…

    Après la présentation du film d’animation
    L’HOMME QUI PLANTA DES ARBRES
    de Frédéric Bach (30 minutes)

    Quatre questions:
    Quel est ton rêve?
    Dans combien de jours?
    Qu’as-tu fait aujourd’hui pour ton rêve?
    En quoi ton reve est-il équitable?
    Le tout entrecroisé
    de chansons thématiques originales.

    Ce rendez-vous de 39 rêveurs équitables
    sera filmé en continu de l’extérieur du cercle

    Par la suite,
    un clip de l’expression filmée
    de chacun des rêves
    sera immortalisé sur Internet
    de façon à ce que
    chaque rêveur de la soirée
    puisse tenir le journal numérique
    privé ou public de sa marche personnelle
    vers son rêve équitable
    constibuant ainsi
    à la masse critique de vies privées oeuvre d’art
    condition préalable à tout surgissement
    d’un futur pays oeuvre d’art.

    Michel Woodard
    michel@reveursequitables.com
    http://www.reveursequitables.com

    • La pire chose qui peut arriver à un philosophe c’est :

      Qu’un professeur de philosophie médiocre (Pierre Rochette) dénature sa philosophie pour se partir une gagne.

      Je ne pensais pas vivre cela de mon vivant!

      Pierre Rochette, a bénéficié d’un accès privilégié à mon processus de création. Il aurait pu faire le choix de faire le bien, en le fessant bien!

      Moi, Gérard Cadieux créateur de la philosophie du Wow et auteur du livre  » Le Prince a réussi » tiens à se dissocier des activités de « Rêveur équitable » et de ses exploitants.

      Le tout étant fait sans mon consentement.

      Puisse le fatum rattraper les tricheurs! Wow-T=G3 (wow moins la tricherie égale le génie au cube)

      Gérard Cadieux

      Créateur de la philosophie du Wow décrite da le livre « Le prince a réussi »

  7. Coucou Amélie! déjà je tenais à te dire que ta réflexion est super 🙂
    J’ai un sujet en philo, et c’est « de quoi la philosophie peut-elle libérer? » voilà, j’ai trouvé des pistes, et l’idée de croyance semble correspondre! Qu’en penses tu?

  8. Bonjour Madworld, désolé de ne répondre que maintenant. Oui la croyance est l’une des choses dont la philosophie peut viser à nous libérer par l’accès à la connaissance. Cependant, il existe des champs impossibles à connaître (au sens fort du terme). La philosophie doit-elle chercher à supprimer toute croyance, même dans les champs où seule la croyance peut s’exprimer ? La question est ouverte.

  9. LE VAGABOND CÉLESTE – SIMON GAUTHIER
    Dans le cadre de l’évènement LES ARTS DU RÉCIT mardi
    2 avril , 20 h 00 Disponible le 19 mars 2013
    Maison de la culture de Côte-des-Neiges Présenté dans le cadre de la série Les arts du récit
    Pierrot rêve de tout changer; il troque sa maison contre une paire de bottes, pour aller plus loin dans sa vie ! Depuis, il parcourt le Québec. Le rencontrer, c’est recevoir un grand souffle de poésie qui nous étreint, comme des bras chauds venus nous réconforter durant une nuit d’hiver sans abri ! Un récit émouvant, porteur d’avenir

    pierrot
    reveur equitable

  10. LE VAGABOND CÉLESTE – SIMON GAUTHIER
    Dans le cadre de l’évènement LES ARTS DU RÉCIT mardi
    2 avril , 20 h 00 Disponible le 19 mars 2013
    Maison de la culture de Côte-des-Neiges Présenté dans le cadre de la série Les arts du récit
    Pierrot rêve de tout changer; il troque sa maison contre une paire de bottes, pour aller plus loin dans sa vie ! Depuis, il parcourt le Québec. Le rencontrer, c’est recevoir un grand souffle de poésie qui nous étreint, comme des bras chauds venus nous réconforter durant une nuit d’hiver sans abri ! Un récit émouvant, porteur d’avenir

    pierrot
    reveur equitable

  11. LES SEMEURS DE FOLIES
    Il y avait trois semeurs de folies dans notre ville : Un gardien de parc, un gardien de
    sécurité et un gardien de la foi. Grâce à chacun d’eux, il arrivait des choses incroyables  »K »…ue
    personne n’aurait osé raconter, surtout pas dans un roman. Non seulement la population les
    respectait, mais elle avait appris à les aimer parce  »K »…u’ils leur redonnaient un  »K »…oeur
    d’enfant. Et le simple fait de rêver de nouveau à devenir grand retardait à l’infini l’apparition de
    l’idée  »K »…u’on n’aurait peutêtre
    pas le choix de mourir un jour.
    Le frère de Madame Riendeau dormait toutes les nuits de l’été sur un banc de parc. Toute
    la journée, il obligeait les gens à garder silence pour ne pas faire fuir les oiseaux. Et la nuit, il
    s’entourait de milliers de miettes de pain pour les faire répéter afin que leurs chants
    s’harmonisent selon la musique qu’il avait composée pour eux. Au lieu de leur parler, il sifflait
    ‘K »…omme chacun d’eux. Des jeunes gens,  »K »…u’il avait jadis obligés à se taire, se mirent à
    siffler comme lui. Et l’un d’entre eux, grâce à lui, remporta un jour un championnat à titre de
    meilleur imitateur de chants d’oiseaux.
    Le frère de Madame Lavigne, lui, passait ses journées à attendre le train pour l’arrêter
    dans sa  »K »…ourse. Il se plaçait simplement devant, sans bouger d’un pouce, la main levée. Et le
     »K »…onducteur affolé réussissait à freiner son engin, s’immobilisant parfois à quelques pieds
    seulement de l’immobile intrus. Alors celuici,
    sans s’occuper des insultes de  »K »…ui que ce soit,
    faisait signe aux enfants de traverser puisqu’il n’y avait aucun danger. La police avait beau le
    surveiller, l’arrêter, le reconduire, il revenait de nuit pour être certain d’être à son poste au lever
    du jour. Il balayait la voie et huilait les rails, tentant d’enlever à  »K »…oups de marteau les
    imperfections  »K »…ui auraient pu causer un déraillement dangereux pour la  »K »…ommunauté.
    Lorsque la gare passa au feu à l’autre bout de la ville, on jugea bon de la déplacer dans un endroit
    plus achalandé. On la reconstruisit juste là où il exerçait son métier… Ce  »K »…ui permit au frère
    de Madame Lavigne de prendre sa retraite puisqu’il avait enfin réalisé le rêve de sa vie, devenir
    chef de gare.
    Je ne savais pas  »K »…ue mon oncle Hannibal était le troisième. Je l’appris tout à fait par
    hasard. Je sais aujourd’hui  »K »…ue le gardien de parc et le gardien de sécurité le tenaient depuis
    longtemps en très haute estime parce que c’est en passant du temps avec eux à les regarder vivre
    poétiquement  »K »…u’il lui prit l’idée de devenir aussi semeur de folies, soit gardien dans un
    domaine où il pourrait innover tout en les imitant, c’estàdire,
    gardien de la foi. Parce  »K »…ue
    les avancements de  »K »…arrière étaient rares pour les laïcs dans la religion de Monsieur le
     »K »K »K »…uré, il en rejoignit une toute nouvelle qui venait juste de planter pignon sur rue. Et
     »K »…omme il savait que je pratiquais du bout des doigts, il vint me recruter  »K »…omme fidèle
    de façon à ce que je puisse voter pour lui à ses élections.
    Je n’étais pas le genre à fréquenter mon oncle,  »K »…ar j’avais peur de passer pour snob,
    ayant la mauvaise habitude de pousser trop loin mon rapport célébral à l’autre, avec pour
     »K »…onséquence de rendre cet autre trop  »K »…onscient de ses limites et ainsi le faire souffrir
    inutilement.
    Mon oncle, vous vous présentez à quel titre,
    Si ce n’est pas trop indiscret de vous le demander ?
    411
    Pape.
    Je dois avouer  »K »…ue le choc fut immensément grand. Non pas que j’aie quelque chose
     »K »K »K » »…ontre la papauté mais j’en avais acquis une  »K »…onnaissance historique suffisante
    pour réaliser qu’il avait de bonnes chances de devenir le seul pape provoquant un rire au niveau
    international. Et  »K »…omme j’aimais mon oncle, je ne savais pas trop  »K »…omment lui dire,
    tout au plus lui conseiller, de rester discret, le temps qu’il  »K »…onsolide sa réputation par un
    usage modéré du poste, la  »K »…ompétition à ce niveau étant d’autant plus cruelle qu’on tardait
     »K »…ruellement à mourir pour donner une chance au remplaçant.
     »K »…ombien de fidèles comporte votre nouvelle église ?
    Soixanteseize.
    Et  »K »…ui se présente contre vous ?
    Le frère de Monsieur le Maire et mon fils.
    Mon oncle, je ne veux pas vous décourager
    Mais dans toute l’histoire de la chrétienté.
    Un pape n’a jamais gagné  »K »…ontre son fils.
    Moi je vais gagner parce que Dieu me l’a révélé.
    Ohhh… J’avais maintenant un oncle infaillible dans la famille. Une des lois de
    l’intellectuel, s’il veut survivre en société, est d’abaisser son niveau de langage s’il ne veut pas
    être rejeté.
    Mon oncle, depuis le début de l’humanité
    Au niveau mathématique et statistique,
    Lorsqu’on divise le vote,  »K »…ontre un adversaire
    Il passe, et vous perdez automatiquement
    Dieu vous a dit cela aussi ?
    Oh ! J’avais raté mon  »K »…oup. Le plafond de son cerveau s’était arrêté au deuxième
    étage de sa  »K »…onscience humaine et je marchais sur le plancher du troisième martelant
    directement le dessus de sa tête papale si fragile parce  »K »…ue non encore couronnée. Ce
     »K »…ui fit, à la fois, sortir la fumée par les oreilles et l’orgueil par ses yeux. Je jugeai  »K »…u’il
    me fallait absolument réparer par une  »K »…onsolation d’usage si je ne voulais pas être traitée de
    snob.
    Au moins,  »K »…ontrairement aux papes de la  »K »…hrétienté
    Vous avez une épouse dont la variable en tant ‘K »…ue présence
    Peut faire la différence et provoquer la faillibilité des statistiques.
    Elle m’a dit qu’elle voterait pour son garçon.
    412
    Je le sentis descendre au plus profond des  »K »…aves du Vatican. Et je compris
    l’importance de sa mission. Il faisait appel au sang pour ne pas être dévoré par le sien propre. Et
     »K »…omme je ne voulais pas m’insérer dans une chicane de famille, je lui promis plutôt de tenter
    de  »K »…onvaincre son fils de ne pas humilier publiquement son père, qui risquerait bien de le
    devenir assez tôt si par malheur il poursuivait dans son inconscience de se faire élire.
    Les élections eurent finalement lieu. Mon oncle et son fils perdirent tel que prédit. Le
    frère du maire héritant d’un poste plus prestigieux  »K »…ue celui de son aîné. Je n’en revins pas
    de la puissance de la logique à prévoir l’imprévisible dans la vie… Mais les élections du maire
    arrivèrent à leur tour. Son frère pape étant en difficultés financières, le magistrat réussit à
    l’acheter pour ne pas  »K »…ue les folies spirituelles de l’inconscient lui portent ombrage, juste au
    moment où mon cousin dans une  »K »…olère imprévue quitta en même temps le groupe, laissant
    le champ libre à mon oncle  »K »…ui fut finalement élu à l’unanimité. Dieu avait encore une fois
    réussi à gagner sur le librearbitre
    de l’homme.
     »K »…uand mon oncle vint me taquiner gentiment de sa nouvelle prestance, je fus
    tellement  »K »…ontente d’avoir perdu  »K »…ar cela m’aurait chagrinée de perdre un parent.
    Mon oncle était de la race des gens simples mais heureux. Chaque soir, pendant  »K »…ue
    ma tante faisant son  »K »…assetête
    sur la table de cuisine, après avoir compté le nombre de ses
    patates d’angoisse parce  »K »…ue mon oncle considérait que de travailler en soi était un loisir, à
    un point tel que lorsqu’il recevait un compte marqué « dernier avis » il le déchirait en disant :
    « fantastique, ils ne réécriront plus », ce qui enchaînait ma tante à son cassetête
    et libérait mon
    oncle de la réalité.
    Il se rendait alors au salon où trônait un  »K »…ocotier avec un singe en plastique perché
    dedans et une  »K »…arte géographique sur une petite table. Il fermait les yeux, mettait un doigt au
    hasard sur la  »K »…arte : « Australie, on part en voyage dans ce boutlà
    ce soir ». Il s’en allait sur
    la galerie, se berçait en refermant les yeux et faisait le tour des villes de ce pays sans  »K »…ue
    cela ne lui  »K »…oûte un sou, en profitant en même temps pour vérifier s’il ne s’y trouverait pas
    de futurs fidèles afin d’ouvrir des missions dans le monde par la seule puissance de son
    imaginaire.
    Juste à le regarder vivre, il me semblait  »K »…ue je ratais ma vie pendant que lui
    n’arrivait jamais à échouer la sienne. Un soir que ma porte arrière n’était pas verrouillée, il entra
    comme ça, sur une intuition. Je pleurais d’épuisement, je crois, juste parce  »K »…ue j’avais oublié
    de payer un  »K »…ompte et qu’il y était inscrit : « dernier avis »
    Ça veut seulement dire
     »K »…u’ils n’écriront plus, mon enfant, fitil
    T’as même pas besoin de leur répondre
    Viens, on va aller prendre une marche.
    Pour me distraire un peu, il me raconta une anecdote du « mon oncle d’avant »  »K »…ue
    Dieu ne fasse appel à lui. C’est ainsi que j’appris qu’il avait commencé sa carrière de semeur de
    folies sur scène en jouant du piano dans l’orchestre de mon père. Il avait tellement peur  »K »…ue
    413
    les gens restés assis s’ennuient, d’un morceau sentimental à l’autre, qu’il avait pris l’habitude,
    pour les faire rire, de se  »K »…rochir les yeux, jusqu’à ce que, un jour, l’un des deux refuse
    systématiquement de réintégrer sa position initiale sur une feuille de musique. Et cela ne revint
    jamais. Alors, maintenant,  »K »…uand il jouait de son instrument sur scène, il faisait rire les gens
    en remettant les deux yeux droits, le temps d’une grimace, démontrant ainsi sa très grande
    versatilité.
    Mon oncle, aidezmoi
    à mettre de la folie dans ma vie
     »K »…omme vous en avez mis dans la vôtre.
    Il m’amena au parc aux oiseaux. Le gardien émiettait des pains entiers et les volatiles
    tournoyaient autour de lui. On ne savait plus trop bien  »K »…ui de qui imitait les gazouillements
    de l’autre. Tout ne respirait que le bonheur de vivre. Puis nous arrêtâmes saluer le chef de gare. Il
    venait de huiler la voie ferrée pour  »K »…ue le train puisse ménager ses freins. Il avait une
    graisse différente selon  »K »…u’on annonçait de la pluie ou du soleil. « Tu vois, dit mon oncle ,
    on devrait se sentir en voyage en dedans de soimême
    sans trop se poser de questions comme le
    font les oiseaux et les trains. » Mais il existait un tel déséquilibre entre le train de ma vie
    intellectuelle et les oiseaux de ma vie affective  »K »…ue je me sentais  »K »…onstamment inquiète
     »K »…ue l’un n’écrase l’autre par mégarde.
    Fais  »K »…onfiance à ton mon oncle, ma nièce
    Tu devrais te faire une pancarte
    Et marquer dessus :
    « J’ai fait assez d’argent
    Je rouvrirai lorsque j’en manquerai.
    Lola »
    Peutêtre
     »K »…u’il suffit juste de laisser son voilier
    Filer au vent de son coeur pour  »K »…ue la différence
    Entre un petit bonheur et un grand bonheur
    Se perde dans le sillage.
    Lorsqu’il repartit, je me retrouvai seule dans mon décor. Le  »K »…abaret de l’Ange Bleu
    me tombant sur les nerfs, j’allai porter une catin de marin à la salle des toilettes parce que,
     »K »…uand on est en cire, cela peut prendre un peu de temps avant qu’on réalise qu’on est en train
    de se faire voler son homme. Puis, je pris place à côté de matelot.  »K »…urieusement, c’était le
    seul  »K »…ue j’avais fait dessiné de manière à ce qu’il n’ait pas les yeux sur Marlène, cherchant à
    susciter chez elle, un effort supplémentaire pour provoquer un désir en lui. De la manière dont
    j’étais placée auprès de lui, il me regardait moi et semblait me poser une question fondamentale :
    Estce
     »K »…ue le bonheur, l’amour, la passion
    ça s’apprend dans les livres ou dans la vie ?
    Marlène chantait sa chanson, comme si elle pressentait que je n’étais pas de taille devant
    son immense pouvoir de séduction.
    414
    Une lueur mystérieuse, un « je ne sais quoi »,
    Brille comme une flamme dans les yeux d’une femme
    Mais lorsque nos regards plongent dans tes yeux
     »K »…uel est leur aveu ?
    De la tête aux pieds, je suis faite pour aimer
    C’est là mon univers et rien d’autre.
    Qui puisje
    ? C’est ma nature
    Je sais seulement aimer, rien d’autre
    Les hommes s’agitent  »K »…omme des papillons près d’une flamme
    S’ils brûlent leurs ailes, je n’y peux rien.
    Je me levai pour interrompre la  »K »…assette. Puisque j’avais beaucoup navigué dans les
    livres  »K »…omme dans son film l’Ange Bleu, Je me dirigeai vers la loge de Lola et jetai tous mes
    bouquins aux vidanges. Puis, je revins dans le  »K »…abaret montai l’escalier en  »K »…olimaçon et
    rendue au balcon, secouai le professeur dans tous les sens, sans oublier de donner un direct au
    menton du magicien. Le pauvre instituteur prit tellement peur  »K »…u’il échappa son bouquet de
    fleurs et en perdit la tête. Vous vous rendez compte, perdre vraiment sa tête pour une femme
     »K »…ui venait juste de comprendre que la relation « homme/femme » se devait de passer
    d’abord par les sens si elle voulait  »K »…onnaître le bonheur de perdre la tête. Et je bus du
     »K » »..ognac au point de m’endormir saoule à  »K »…ôté du marin, après lui avoir jasé toute la nuit
    de ma douleur de ne pas être aimée.
    Le lendemain, c’est avec un fameux mal de tête  »K »…ue je remis en place les sculptures
    sous forme de sirènes, les bouées de sauvetage, les ancres de bateau, les goélands en plastique, le
    nombre exact de chaises et de tables  »K »…omme de mannequins. Je réussis à revisser la tête du
    professeur et je me remis à boire. Je décidai de rester là, près de mon mannequin, à rêver à un
    marin en chair et en os, aussi longtemps  »K »…ue je n’aurais pas trouvé de solution à ma vie.
    J’ai fait assez d’argent
    Je rouvrirai lorsque j’en manquerai.
    Lola.
    Où sont tes livres, Lola ? semblait me demander le mannequin de Marlène Dietriech
    Dans une poubelle au fond du garderobe
    chez ma mère, répondisje.
    Et pourquoi donc ?
    Parce qu’ils ne  »K »…orrespondent plus
    À l’idée que je me fais de la vie.
    Cela me fit tout drôle de me voir me bercer, devant le poêle à bois, à la place de mes deux
    grandspères.
    On aurait dit qu’en vieillissant, je tentais de devenir à la fois l’un et l’autre. Je le
    sus par mon bonheur à voir des fleurs fraîches dans les mains du professeur tout en étant triste
     »K »…ue je ne sois  »K »…ourtisée que par un mannequin :
    Estce
     »K »…ue le bonheur, l’amour, la passion
    Ça s’apprend dans les livres ou dans la vie
    415
    Madame Marlène?
    Je retournai la pancarte en me disant :
    S’il n’y a pas de beaux jeunes hommes
     »K »…ui viennent te voir,
    Je ne rencontrerai jamais
    L’homme de ta vie
    Et J’écrivis moimême,
    en grosses lettres
    Je manque maintenant d’amour
    J’ouvre aux heures habituelles
    Lola
    Je dormis fort tard, ce matin là. Mes premiers clients furent le pape et toute sa chrétienté.
    Le monde attirant du monde, il y eut une ligne à l’extérieur. Et le flot incessant de ceux et celles
     »K »…ui m’aimaient ne voulut point se tarir. Même Monsieur le  »K »…uré me redonna la
    biographie de Jean XXIII pour que je puisse repartir ma bibliothèque sur un bon pied, amenant à
    la rescousse ses dames de SteAnne
    et ses filles d’Isabelle, pour bien montrer qu’il ne s’en
    laisserait pas imposer par un  »K »…oncurrent.
    Le soir, après la fermeture, mon oncle Hannibal me téléphona :
    Lola, remets ta pancarte de fermeture
    La vie c’est  »K »…omme un moteur d’automobile
    Parfois ça prend plusieurs coups de clé
    Dans le démarreur pour  »K »…ue le destin
    Ronronne à son goût.
     »K »…omment résister à un pape qui avait été élu par Dieu luimême
    ? Je ressortis,
    retournai la pancarte en riant  »K »’…omme une folle d’avoir un oncle aussi bizarre et j’allai me
    coucher.
    J’ai fait assez d’argent
    Je rouvrirai lorsque j’en manquerai.
    Lola.
    Le fait  »K »…ue je fermai boutique aussi rapidement alerta tous ceux qui m’avaient aimée
    la veille. Mais à la manière de mon oncle Hannibal. Le pape, faisant la ligne avec sa
    communauté, fut suivi de Monsieur le  »K »…uré avec les deux siennes, la file s’allongeant bientôt
    de leurs supporters réciproques au point de se prolonger tout au long du 25 ruelle de l’AmourMystère.
    Le journaliste local,  »K »…ui était en fait le fils de mon oncle avec qui il s’était réconcilié,
    vint prendre une photo de son père fier d’être enfin « chef de ligne » dans sa société, dont le
    visage acoquiné à la pancarte fut diversement interprété lorsqu’il se retrouva en première page.
    416
    J’ai fait assez d’argent
    Je rouvrirai lorsque j’en manquerai.
    Lola.
    Imaginez, un pape  »K »…ui sourit à larges dents et avec les yeux croches comme s’il ne
    voyait que le butin devant une pancarte, dont les phrases, tel un phylactère de bande dessinée,
    indique par pure acuité de certains percepteurs, le contenu d’une pensée moins riche  »K »…ue son
    contenant, et pour d’autres, un contenant cherchant à remplir rapidement son contenu., Surtout
     »K »…ue sa plus fidèle admiratrice se retrouvait directement derrière lui, passant même pour sa
    soeur, je veux parler de Madame Beauregard, dont le mari était le frère de la femme du pape.
    Mais lorsque la photo fut reprise par « l’Associated Press, » et vendue aux différentes
    chaînes de journaux de la planète sous la chronique « Insolite » elle fit le tour du monde à partir
    d’une méprise. Le nom du magasin « la Lola de l’Ange Bleu » associé dans le haut de la vitrine à
    la pancarte « fait assez d’argent » entraîna l’intérêt du lecteur mondial sur sa passion à
     »K »…onnaître l’identité de la mystérieuse propriétaire anonyme.
    Estil
     »K »…royable de penser  »K »…ue même si la planète entière vit le pape de notre
    ville, seule sa  »K »…ommunauté vivant encore dans les  »K »…atacombes où l’avait plongée le
    frère du maire par son départ soudain, la ville refusant maintenant de leur accorder un local où ils
    puissent se réunir… donc, seule sa  »K »…ommunauté disje,
    le félicita pour cette publicité alors
    que luimême
    en profita pour démissionner avant  »K »…ue le ridicule ne le tue une deuxième fois.
     »K »…uand on ne peut même pas se trouver deux larrons pour aller à la guerre, on préfère laisser
    tomber sa  »K »…roix sur le chemin de la paix. Mon oncle avait tenté de se montrer plus futé
     »K »…ue Dieu, mais le  »K »…onseil de la SainteTrinité
    ,  »K »…omme le conseil municipal
    d’ailleurs, apprécia qu’il se fut à temps retiré.
    Les journalistes arrivèrent de partout, plutôt en grappes disparates, tout dépendant des
    journées ,  »K »…uelques uns de raisins, d’autres de cerises ou de chocolat noir,  »K »…ar on vint
    d’aussi loin que de  »K »…alifornie, de France ou de  »K »…ôte d’Ivoire en Afrique noire.
    Je refusai  »K »…ue mon visage parût mais j’en profitai pour remettre la  »K »…arte postale
    de mon corps nu au visage universel puisque enfoui sous une chevelure à la Rodin, en disant aux
    différents journalistes  »K »…ue je comptais sur eux pour qu’un Valentin très intelligent, où qu’il
    se cache sur cette planète, ose tenter de  »K »…onquérir par la beauté de ses mots le  »K »…oeur
    d’une Valentine très sélective, belle mais depuis longtemps si seule, cependant juste assez
    argentée pour avoir le temps de lire leurs lettres d’amour adressées au 25 ruelle de l’AmourMystère.
    Et le nu de mon  »K »…orps au cheveux longs masquant le visage, profitant du chemin
    parcouru par ma pancarte « ai fait assez d’argent »  »K »…onnut une fortune aussi heureuse que
    diverse, provoquant même chez l’hebdomadaire ParisMatch
    l’idée saugrenue de lancer un
     »K »…oncours pour la fête des amoureux, le 14 février. Parmi les mâles de ses lecteurs ayant été
    assez intelligents pour rester célibataires, le temps de participer au massacre de la StValentin,
    pour une fois dans l’histoire  »K »…ue l’évènement se tiendrait hors du Chicago de la prohibition.
    417
    L’expape
    avait raison.  »K »…uand le moteur de l’histoire  »K »…ommence à tourner,
    l’automobile s’emballe. Et c’est dans des emballages de toutes sortes  »K »…ue je reçus, de la
    simple carte postale au sac de postiers remplis de  »K »…adeaux les plus divers, des chargements
    entiers de soupirs provenant des battements de  »K »…oeur d’une planète nouvelle, à michemin
    entre la Terre des Hommes et la terre des Femmes, celle où grandit le « Petit Prince »  »K »…uand
    il se croit  »K »…apable de survivre sans la poésie de StExupéry.
    Personne ne me croira si je dis  »K »…ue la loge de Lola fut à tel point submergée de
    parfums épistolaires de mâles  »K »…ue j’eus peine à fermer la porte. Et je dormis dans un sac de
     »K »…ouchage sur la scène, aux pieds de Marlène, ayant pris bien soin de changer ma pancarte à
    la vitrine de « la Lola de l’Ange Bleu »
    J’ai reçu assez de lettres
    Je rouvrirai lorsque j’en manquerai.
     »K »…ue croyezvous
    qu’il arriva ? Le maire dut prêter temporairement un local à mon
    oncle, pour que la montagne de  »K »…ourrier puisse bénéficier du secret de la
     »K »…onfidentialité, car mon oncle, ayant retrouvé le goût du pouvoir était devenu tout
    simplement mon gérant. Il me fallait un local pour endiguer le flot nouveau et seul Monsieur le
    maire pouvait maintenant nous dépanner. Et  »K »…omme les élections approchaient à grands
    pas….
    Monsieur le maire n’ignorait pas que les électeurs,  »K »…ui votent d’abord avec leur
    coeur plutôt qu’avec leur tête ne lui auraient pas pardonné qu’une vulgaire chicane de
     »K »…locher puisse empêcher les cloches de mes amoureux de trouver refuge en lieu sûr, en
    attendant  »K » »..ue je les décachètent de la poche de leur étui, ce  »K »…ui permit à mon oncle de
    reprendre du service à titre de pape temporaire,  »K »…ui, tel un héros du nouveau testament, put
    sortir son troupeau des  »K »…atacombes pour que tous puissent prier entre deux relevées de la
    garde. Dieu l’avait encore fait gagner. Et il s’était assuré  »K »…ue je n’y perde rien dans
    l’échange. Le saintEsprit
    étant sur le  »K »…omité d’élection du maire, mon oncle lui ayant assuré
    le vote de ses ouailles et le  »K »…uré des siens puisque les ouailles de mon oncle
     »K »…ontinueraient quand même à aller à l’église le dimanche pour ne pas déshonorer Monsieur
    le Maire, le temps  »K »…ue les élections eussent lieu.
    Tout rentra dans l’ordre et Madame Beauregard put continuer d’observer ma mère de ses
    lunettes d’approche, tous et chacun sachant, que,  »K »…omme la marmotte au printemps, lorsque
    celleci
    revenait à bonne date sur sa galerie, indiqua à la population entière savait qu’on allait
    vivre un printemps hâtif, le maire en profitant pour sortir de son terrier..
    Je n’ouvris aucune lettre, ni aucun colis. J’attendis  »K » »..ue la tempête passe. J’allai
    porter le marin à la salle de toilettes rejoindre sa catin. Je n’en avais plus besoin. J’étais
    submergée de vagues d’amour venant de tous les océans du monde. Marlène se mourait de
    jalousie et le professeur ne cessait de me faire des clin d’oeil me félicitant de l’avoir enfin vengé.
    Deux jours de dépouillement sommaires d’une infime partie du  »K »…ourrier me fit
    prendre  »K »…onscience que 524 marins attendaient maintenant en ligne devant la porte du
    cabaret l’Ange Bleu, les autres espérant sans doute  »K »…ue la tempête cesse pour pouvoir
    418
    aborder à leur tour. Moi qui ne possédais qu’un tout petit bâteau à voile, j’eus soudain peur de
    chavirer.
     »K »…omme mon Oncle Hannibal voyageait déjà autour de la planète sur sa  »K »…arte
    terrestre, il me faudrait maintenant apprendre à naviguer à mon tour au travers de mes  »K »…artes
    postales venues de tous les ports du monde, essayant de découvrir lentement sous les mots des
    marins, l’émotion  »K »…ui ferait de moi une gardienne des folies de l’amour.
    Mais peutêtre
    existaitil
    déjà une semeuse de folie navigant dans l’univers de la
    sensualité. J’eus l’idée de passer un entrefilet dans différents journaux en des mots si fous
    d’intention  »K »…ue seule une ou quelques géniales délinquantes puissent en décoder le côté
    corrosif.
    Ëtesvous
    semeuse de folie dans votre vie amoureuse?
    Si oui complétez cette phrase.
    Je suis gardienne de……..
    Je ne reçus qu’une seule réponse
    Je suis gardienne des étoiles
    Et je sème mes amants
    au plafond de mon  »K »…oeur
    De nouveau, je lui écrivis
    « Etesvous
    une femme subversive
    qui saurait répondre à des lettres d’amour? »
    veuillez envoyer des exemples de réponses.
    E je reçus ces simples phrases :
    Je
    vous aime au moins jusqu’à la fin de semaine.
    Pour
    l’instant, je sais  »K »…ue nul homme ne vous surpasse
    Alors à quoi bon aller voir ailleurs
    Enfin…pour l’instant
    On
    attend toujours son prince charmant
    Plusieurs se présentent tout au long d’une vie
    Et on fait un bout de chemin
    Jusqu’à ce  »K »…ue les papillons
    À l’estomac s’envolent….
    Je ne  »K »…onçois pas l’Amour
    Sans le désir
    Et cette dame que je ne  »K »…onnaissais pas signa :
    CHANELLE, bourelle des coeurs.
    419
    Je devins tellement surexcitée  »K »…ue j’embrassai Marlène, dévissai la tête du
    professeur pour dormir avec elle à titre de portebonheur.
    J’appelai mon gérantpape,
    pour qu’il
    me fasse parvenir tout mon  »K »…ourrier de la manière la plus folle possible, pour  »K »…ue cela
    me porte chance.
    Et nous vîmes dans la noirceur de la ville, sa docile  »K »…ommunauté transporter, à la
    file romaine, tout mon  »K »…ourrier. Le local étant situé de l’autre côté de la voie ferrée, Madame
    Lavigne eut enfin la chance de voir passer, le long des rails, des oiseauxmigrateurs
    s’abandonnant au délicieux boire de la source du  »K »…oeur. Le gardien de sécurité s’étant levé
    de nuit pour les protéger du passage du train et celui du parc ayant fait chanter ses oiseaux pour
    qu’ils aient le coeur gai , le gardien de la foi les salua de loin, fier de reconnaître en eux des
     »K »…onfrères semeurs de folie.
     »Kp3 »
    seule la chaleur de ma voix
    peut me faire renaître
    grâce à la noyade virtuelle
    sous de milliards de bits d’informations dépersonnalisées.
    ***(paquet de bits…paquet de bits…paquet de bits…)***
     »Kp3 »
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    ***(paquet de bits…paquet de bits…paquet de bits…)***
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     »Kp3 »
    seule la chaleur de ma voix
    peut me faire renaître
    grâce à la noyade virtuelle
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