Maurice Blanchot, L’entretien infini

  • Nature du devoir : réflexion à partir d’un texte en 1h
  • Cours : L1, Esthétique
  • Note : 15/20

voir l’extrait de texte étudié

Depuis Platon, philosophie et poésie entretenaient un rapport de «différend». La philosophie prenait le rôle de juge par rapport à la poésie et préconisait de s’en méfier. Puis Aristote reconnut des qualités propres à la poésie mais la philosophie était toujours dans une position de supériorité, c’est à elle que revenait le rôle de dire ce qu’était la poésie. C’est ce rapport qui va s’inverse et être reconnu à partir du romantisme allemand du cercle d’Iéna.

Le romantisme allemand survient après une crise de la notion de sujet. Avec Kant, le «moi» n’est plus une substance ; dire «je» devient une activité formelle. Grâce à sa raison le sujet peut se libérer des contraintes de la nature, le «moi» est transcendantal. Fichte reprend cet héritage kantien et soutient un idéalisme absolu. Ce qui heurte ma sensibilité est appelé le «non-moi». Ce «non-moi» est en premier lieu un obstacle mais devient par la suite un moyen de reconnaissance du «moi». À partir de là, le «moi» devient effort de réalisation voire de création.

On peut caractériser cet effort par sa progressivité («le créateur romantique est encore en devenir»). Cette notion de progressivité montre que la romantisation du monde relève d’une dynamique sans cesse en mouvement qui lui confère son caractère d’infini. C’est l’absoluité de la liberté humaine qui permet de dépasser la finitude.
De plus, on peut caractériser cet effort par sa volonté de totalisation («tout l’avenir lui appartient, puisque lui seul le fonde»). Le romantisme allemand n’est pas un simple mouvement littéraire, il a l’ambition d’embraser tous les domaines de la vie, il se veut universel. La poésie s’émancipe de sa dépendance à la philosophie. Elle peut se donner elle-même sa dimension spéculative.

Le problème rencontré par cette ambition de totalisation infinie est intrinsèque. Ce caractère d’infini implique nécessairement qu’elle n’aboutira jamais à sa plénitude («ne jamais pouvoir atteindre la perfection»). La romantisation absolue du monde ne se réalisera donc jamais.

C’est notamment la critique opérée par l’esthétique hégelienne. Pour Hegel, l’ambition démesurée du romantisme allemand va le conduire nécessairement à sa disparition. En établissant cette critique, Hegel se replace dans la supériorité du philosophe. Pour lui, l’art romantique n’est qu’un moment de la vie de l’Esprit. La poésie esr la dernière étape du moment de l’art dans la vie de l’Esprit après la sculpture et la peinture. Elle représente le degré le plus haut d’abstraction que peut atteindre l’art mais pas le plus haut degré d’abstraction que peut atteindre l’Esprit par la philosophie. La poésie va clore la période de l’art avant que l’Esprit ne subisse un tournant.

En conclusion, on peut dire que l’on s’est rendu compte du caractère fini du romantisme allemand à cause de son ambition d’infini.

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