Jean-Paul Sartre, L’être et le néant

  • Nature du devoir : explication et commentaire d’une citation en 1h
  • Cours : Terminale ES, philosophie
  • Note : 15/20

Jean-Paul Sartre, L’être et le néant : «On apprend sa pensée objectivement par le langage en même temps qu’on la pense pour la couler dans le langage.»


Dans un premier temps, Sartre reprend la thèse intellectualiste du rapport liant langage et pensée développée auparavant par Hegel : «on apprend sa pensée objectivement par le langage» signifie en premier lieu que le langage est nécessaire à la pensée. En fait, cela relate le processus d’extériorisation de la pensée : on passe de la pensée sensible (provenant de nos perceptions par nos sens) à la pensée intelligible (développé grâce à notre réflexion) avec l’apport du langage, qui se définit comme la faculté de communiquer et s’exprimer à l’aide d’un système de signes. Rendre intelligible sa pensée, cela veut dire qu’en mettant des mots sur ce que l’on «pense», on va la clarifier et l’élever au monde des idées : on la conceptualise. Or c’est seulement en traduisant sa «pensée» obscure par des concepts que l’on peut réellement la connaître et en prendre conscience : «on apprend sa pensée». De plus, par le langage, on extériorise sa «pensée» intérieure, on passe de perceptions singulières qui nous sont subjectives à une pensée universalisée par les réalités objectives que sont les mots. Ainsi «on apprend sa pensée objectivement par le langage».

Cela nous conduit à la deuxième idée développée dans la citation : «en même temps qu’on la pense pour la couler dans le langage», qui signfie que bien que le langage soit une condition nécessaire à la pensée, il contient néanmoins des aspects qui tendent à nous faire penser qu’on s’éloigne de sa pensée à cause du langage : cela fait plutôt référence ici à la thèse nomenclaturiste développée par Bergson. En effet, on peut définir les mots comme des réalités objectives qui ainsi tendent à annihiler ce que «j’» avais perçu subjectivement et ne relatent plus que des idées communes, banales, somme toutes objectives qui ont été pensées avant nous donc ne nous sont pas propres. En outre, il nous faut remarquer qu’une langue est formée d’un nombre de mots, pour communiquer ou s’exprimer, limités au moins conventionnellement alors que nos pensées en tant que perceptions sont infinies.

En conclusion, le langage est à la fois une condition et une limite de notre faculté de penser.

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