Platon, Apologie de Socrate (37e-38a)

  • Nature du devoir : brève analyse de texte (thème, question, thèse, enjeu ?)
  • Cours : L1, Histoire de la philosophie sur Platon
  • Note : 13/20

voir l’extrait de texte étudié

L’extrait que nous étudions se rattache au domaine de la philosophie morale. Ce texte pose une réflexion sur deux notions clés qui sont celle de la vertu ainsi que celle de l’examen c’est pourquoi l’on peut affirmer que l’objet de ce texte est l’éthique. La question à laquelle répond ce texte est “quel genre de vie faut-il mener ?”. La thèse du texte peut s’énoncer avec la citation suivante l. 8-9 : “une vie à laquelle l’examen fait défaut ne mérite pas qu’on la vive”, qui ne signifie autre chose que la vie bonne, la vie qu’il faut mener, la seule vie vraiment humaine doit être une vie philosophique.

***

L’importance constituée par ce texte est de poser une réflexion à dimension existentielle “ma vie mérite-t-elle d’être vécue ?”, interrogation incontournable à laquelle est confronté à un moment ou à un autre tout être raisonnable. En effet, dans ce texte, Platon mettant en scène Socrate, expliquant l’impossibilité de cesser ce pourquoi il est accusé, montre la nécessité de suivre la vocation qui est en nous, la mission qui nous est assignée par notre daimon et indique quelle est telle. Cette mission assimilable à la fin ultime de la vie est définie par “la” vertu, en grec l’aretê. L’aretê se définit comme l’excellence dans sa fonction propre, en ce sens penser la vertu d’un homme, c’est penser ce qui fait qu’un homme est un homme. En d’autres termes, s’interroger sur la vertu dans la mesure où celle-ci désigne la perfection d’une activité – ici la vie humaine – c’est poser la question : comment persévérer dans son existence, comment devenir meilleur ? Or sachant que Platon corrèle le fait de devenir meilleur avec le fait d’être un homme heureux, on perçoit alors tout l’intérêt du texte puisque selon Platon, tout être recherche à être heureux, le bonheur est même la fin ultime de toute existence humaine. Ce texte se veut donc d’une portée universalisable. Mais revenons sur le concept platonicien de vertu, Socrate parle de “s’employer chaque jour à parler de la vertu” et il faut voir ici que cela confère la notion d’examen de la vertu, il faut sans cesse interroger la vertu au moyen de l’elenchos pour parvenir à un savoir de la vertu car savoir ce qui est bien, c’est faire le bien. Platon prône donc ici l’acquisition d’un savoir par une conduite dialectique, et ce qu’il faut voir par-delà c’est que ce texte est donc une plaidoirie de la vie philosophique, la vie qui consacre son amour au savoir. Mais le problème reste que bien que le seul examen défendu ici soit l’examen dialectique par lequel procède la philosophie, on est face à une certaine impuissance de la philosophie qui n’a su convaincre puisque résulte de l’examen (ici juridique) de Socrate l’interdiction de pratiquer cet examen (dialectique).

***

Nous pouvons mettre en relation l’objet de ce texte avec d’autres textes de l’œuvre platonicienne :

  • dans le Protagoras, Socrate a lié vertu et science : “toute vertu est science” [1]
  • dans le Gorgias notamment dans lequel Socrate pose la question “quel genre de vie faut-il avoir ?” [2], définit la vertu comme consistant à assouvir les désirs dont la satisfaction améliore l’homme [3], et pose la corrélation de l’homme vertueux et de l’homme heureux : “il est nécessaire que cet homme qui agit bien et réussit tout ce qu’il fait, réussisse sa vie, qu’il soit heureux et bienheureux” [4]
  • le Ménon qui est un dialogue sur la nature de la vertu
  • dans La République, Socrate expose la conduite juste et belle que l’on doit s’ordonner : “la façon d’agir qui préserve et contribue à réaliser cette façon d’être, et il nomme sagesse la connaissance qui contrôle cette façon d’agir” [5]

______________________

1 Platon, Protagoras (361b) in Œuvres de Platon trad. Victor Cousin, Paris, Bossange frères, 1825, p. 124.

2 Platon, Gorgias, (500c), trad. Monique Canto-Sperber, Paris, Flammarion – GF, 1987, p. 257.

3 ibid., (503c), p. 264.

4 ibid., (507c), p. 273.

5 Platon, La République, (443d), trad. Pierre Pachet, Paris, Gallimard – Folio essais, 1993, p. 245

Publicités

2 réflexions sur “Platon, Apologie de Socrate (37e-38a)

  1. la philosophie des idéalistes avait été entérée. Tant qu’elle ne réssuscite pas, l’humanité est vouée à sa perte. Il faut faire valoir Socrate, Diogène, Kant, Blaise Pascal, auquel cas l’humanisation se pointe!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s